Musique

Bon Iver charme Ferrare « sous les étoiles »

Bon Iver charme Ferrare « sous les étoiles »

20 juillet 2012 | PAR Celeste Bronzetti

Ferrara sotto le stelle a ouvert sa 17è édition, dans l’une des villes italiennes qui a été la plus touchée par les tremblements de terre du mois dernier. Malgré les blessures qui marquent la région, le festival semble ne pas en garder la trace évidente : comme chaque été il accueille quelques uns des protagonistes les plus brillants de l’actualité musicale mondiale. Bon Iver a été l’invité d’honneur de la soirée de jeudi 19 juillet. Un concert touchant du début à la fin.

Si le décor n’est pas celui de la Piazza Castello, avec son charme du style Renaissance, au cœur de ville de l ‘Arioste, le vélodrome de Ferrare n’altère pas la qualité de la performance de Bon Iver et de sa troupe. Considéré comme trop dangereux pour accueillir des concerts de grosse affluence, le lieu historique de Piazza Castello, caractérisant en grande partie l’identité de ce festival, a été remplacé par le parc périphérique du vélodrome, à cause des dangers sismiques.

Bon Iver, qui rime pourtant avec « bon hiver », se donne au public dans l’une des soirées les plus caniculaires de l’été émilien. Dans un scénario qui reprend l’atmosphère ancestrale et la nature mélancolique du clip de Holocene, l’artiste folk américain présente son nouvel album, deux fois éponyme.

Les morceaux s’enchaînent en suivant le timbre mélodieux de la voix de Justin Vernon et accompagnés par un corps de musiciens assez nombreux pour pouvoir toucher à des modulations de sons admirablement exécutées. Par instant, l’ensemble instrumental constitué par un saxophone, un violon, un cor français et plusieurs autres instruments à cordes et à percussions, capture et guide les mélodies de Bon Iver de façon harmonieuse : comme dans une polyphonie, chaque élément est indispensable et si intensément lié aux autres qu’on  ne peut pas apercevoir leur diversité, leur individualité. Une chorale dont Justin Vernon est le directeur.

Bon Iver dégage un écho sans tache et comme dans ses clips officiels, on a souvent l’impression qu’il nous amène dans des lieux de frontière, vers l’horizon, où la terre et le ciel se rencontrent, où le silence se transforme en musique et le mouvement de l’eau les accompagne. Dans plusieurs clips, des figures solitaires, jeunes et vieilles à la fois, traversent des paysages silencieux et brumeux : ils portent le poids de l’expérience humaine au contact avec la nature et, en même temps, la nostalgie de l’espace non pollué, pré-humain. Le concert de Bon Iver à Ferrare a porté sur le plateau tous ces éléments : avec la magie qui caractérise seulement les grands artistes, la musique évoquait toutes ces images et se complétait avec elles.

Quelques mois après avoir gagné avec Bon Iver, Bon Iver le prix « Best Alternative Music Album » aux Grammy Awards, le groupe indé-folk américain charme le nombreux et chaleureux public italien qui se caractérise toujours en Europe, c’est Justin même qui le souligne, par son romantisme et sa sensibilité mélancolique.

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Celeste Bronzetti

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