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Beat Assailant : quand le hip/hop vient à la rencontre de l’électro [ Interview ]

Beat Assailant : quand le hip/hop vient à la rencontre de l’électro [ Interview ]

04 juillet 2012 | PAR La Rédaction

Beat Assailant, alias Adam Turner, a sorti « B», son quatrième album, le 15 mai dernier. Une discographie déjà impressionnante, autant dans le contenu qui offre au Hip/Hop un renouveau rafraichissant, que dans la rapidité d’exécution. Retour sur ce rappeur américain qui a percé en France, alors que tout rappeur français se rêve américain. En tournée dans les festivals d’été, vous avez pu le croiser à Solidays, ou bien encore au Mainsquare Festival il y a quelques jours, où il nous a accordé une interview intimiste.

Le facteur déclencheur, c’est la sortie en 2005 de son premier album en France, Hard Twelve. Pourquoi la France ?  Tout simplement parce que c’est un endroit où il fait bon vivre nous dit-il. Et c’est surtout à l’opposé de là où il vient (Atlanta). Il trouve la capitale plus « urbaine », plus en phase avec ses aspirations artistiques. Un dépaysement total, jusqu’à la langue, qui lui a fait le plus grand bien.

Des amis parisiens lui ont fait découvrir ce qui se faisait dans le milieu du hip hop. C’est là qu’il a compris que le hip/hop était un phénomène global, non cloisonné aux frontière des Etats-Unis. Une chose dont il n’avait pas forcément pris conscience précédemment. Le milieu du hip/hop made in France l’a convaincu de tenter sa chance ici, et d’aller à la rencontre de ce courant musical en constante rénovation/révolution et renaissance.

« J’adore la musique, j’en suis fan »

Quand on lui parle de références musicales, on lui pose une colle, pour la simple et bonne raison qu’il lui est difficile de ne citer que quelques noms, sortis d’un chapeau de magicien, alors que son inspiration, il l’a trouve un peu partout.

En creusant un peu plus, il remonte à son enfance. Adolescent, il écoutait les hits des radios pop-rock (on imagine nos gamins de 15 ans qui écoutent NRJ pour notre plus grand malheur). Puis quand il s’est tourné vers la culture hip/hop, il a commencé à fouiller dans les vinyles de ses parents, à dénicher les classiques indétrônables, et à découvrir avec amusement tous les samples qui se cachaient derrière les morceaux qu’il écoutait à la radio. Toute musique s’inspire d’un courant, d’une chanson, une sorte d’hommage entre création et destruction qui permet de créer un lien, un fil rouge, entre chaque courant (tout comme dans l’art).  C’est pourquoi il est devenu fou de Jazz, de Funk et de  Soul music.

« Je voulais relever ce défi »

L’album sorti en mars 2012 a d’ailleurs souligné cet éclectisme et ce rapport original qu’il a avec la musique. Alors que son premier album s’inspirait justement du jazz/funk, de sonorités africaines ou cubaines, ce nouvel album rompt avec cette tradition pour proposer un son hip/hop qui  se mêle à de l’électro. Un mariage plutôt réussi sur lequel il revient. C’est important, voire vital, pour Adam Turner de faire de nouvelles expériences. Avec le Hip/hop, il a trouvé son labo de scientifique où il teste différents mélanges, en ajoutant une dose de jazz, deux doses de funk, saupoudré le tout d’électro. Alors comme tout mélange chimique, ca peut exploser, mais pour l’instant, l’explosion n’a sorti que du bon. L’effet de surprise lui permet d’aller encore plus loin. D’ailleurs, les festivals sont d’excellents lieux de surprises : on n’y contrôle ni le temps qu’il va faire, ni les pannes techniques, et pourtant, quoi qu’il arrive, il faut assurer le show.

C’est d’ailleurs ce besoin de renouveau qui l’a poussé à venir en France, dans un pays qui lui était totalement étranger, et où il ne maitrisait pas la langue.

« Le Hip/Hop n’a aucune limite »

La définition du hip hop pour lui c’est justement d’accaparer un style musical pour se l’approprier à sa sauce et en faire quelque chose de nouveau. Transgresser les codes, proposer de nouveaux mélanges, même quand ces derniers semblent des plus improbables. C’est pourquoi le hip/hop n’est pas qu’un courant musical mais toute une culture en soit, une culture vestimentaire qui a généré le street-wear, une culture filmographique, une culture urbaine.

En 2008, Rachel Claudio, une amie artiste lui a présenté Ben l’Oncle Soul. Le courant est évidemment passé et  Ben a eu la bonne idée de collaborer sur son CD « Rhyme Space Continuum ». Quatre titres sont nés de cette collaboration, dont le très envoutant Spy. Puis ce fut au tour d’Adam (alias Beat Assailant) d’écrire pour lui et de participer à quelques -uns de ses concerts.

Quant aux collaborations futures, il aimerait faire un morceau avec le groupe d’indie-pop américain Chester French. Unfeaturing que l’on peut d’ailleurs espérer puisque le groupe fait régulièrement des collaborations avec différents artistes tels que Talib Kweli. Adam nous confie aussi qu’il aurait rêvé faire un morceau avec Marvin Gaye.

Ce quatrième album intitulé « B » renoue avec le son de sa ville natale, Atlanta, et comporte un  featuring avec le rappeur français Oxmo Puccino, ou bien encore le titre « Rain orShine » qui vous fera danser cet été, ou bien « Nothing’sForever » dont la mélodie vous restera coincée dans un coin de votre tête. Un album à découvrir, et un prochain album à guetter, voilà une actu bien chargée pour ce rappeur à l’énergie communicative.

Hela Khamarou

 

Visuel : Hela Khamarou

 

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La Rédaction

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