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Airelle Besson, Lionel Suarez et Dan Tepfer à St-Germain-des-Prés

Airelle Besson, Lionel Suarez et Dan Tepfer à St-Germain-des-Prés

24 mai 2022 | PAR Aurèle Poirier

Samedi 21 mai, le Jazz Festival à St-Germain-des-Prés célébrait sa dernière soirée. Dans ce décor au style roman et gothique, la symphonie harmonieuse de ces deux concerts s’accordait parfaitement sur les fresques de la Maison de l’Océan. Au programme : Le duo Airelle Besson avec Lionel Suarez, suivi de Dan Tepfer qui a présenté son projet Natural Machines

 

Une première et un véritable succès

Airelle Besson, trompettiste, résidente de jazz sous les pommiers de 2017 à 2020, et Lionel Suarez, célèbre accordéoniste ont performé leur premier concert à Paris. A la Maison des Océans, l’émotion était transcendante, c’était à la fois comique, tragique et romantique. Chaque morceau provoquait la chaire de poule, le cœur s’emballait et les larmes s’exprimaient. La synchronisation et le mélange entre la trompette et l’accordéon sont comme une fleuraison de printemps. Le morceau intitulé Neige, en est l’illustration parfaite. L’accordéon décrit l’hiver et le vent tandis que la trompette fait tomber et résonner les flocons dans une harmonie de vie. 

Il y a un véritable désir de nous faire voyager. Quoi de mieux qu’un petit tour du côté de l’amour en Argentine, dans le sud de l’Amérique Latine. C’est à travers ce morceau intitulé Silencio, que le duo rend hommage à un compositeur de jazz argentin. Le morceau est magique, il peint un paysage, l’accordéon arrive à faire sentir cette atmosphère dansante dans les rues passantes… La trompette dessine la Cordière des Andes de part ses mouvements et ses notes qui atteignent des sommets. Il y a une alchimie et une poésie qui unit Airelle Besson et Lionel Suarez. Le public est bercé par cette douceur, presque en apesanteur et chaque spectateur nage dans le bonheur. 

 

Natural Machines, un programme pour théoriser la musique

Dan Tepfer, pianiste et compositeur franco américain propose un programme pour « visualiser » la musique. Si la musique était visuelle, quelles formes, quelles couleurs prendraient-elle ? Voici les question auxquelles Dan Tepfer essaye de répondre. Pour ce faire, il développe un algorithme capable de retranscrire les fréquences des notes. Lorsqu’il commence à jouer, ses yeux sont rivés sur un écran géant qui retranscrit exactement les courbes graphiques de sa musique. Il y a un véritable intérêt pour cette expérience unique mais la stimulation est plus à tendance intellectuelle qu’émotionnelle. Cela se ressent, le public semble plus perplexe et intrigué que détendu et extasié. 

Son programme, intitulé Natural Machines, propose une partie en réalité virtuelle. Chaque spectateur place son smartphone dans un casque prévu à cet effet, et la musique prend des formes parfois abstraites, avec des couleurs accentuées ou au contraire estompées. Il y a une volonté de rentrer dans une autre dimension. Il n’y a pas d’entre deux, soit on se sent embarqué par l’aventure, soit on reste en marge. Certains ont préféré quitter la salle, mais ces derniers restent minoritaires. 

 

En somme, le Jazz Festival à St-Germain-des-Prés termine sa soirée le 21 mai, présentant deux concerts uniques. Airelle Besson et Lionel Suarez ont réellement envoûté le public en offrant une panoplie d’émotions. Dan Tepfer a apporté plus de réflexion et a développé un algorithme à la fois original et créatif qui fait sens. Il n’est pas évident de poser une image qui représente un son, pourtant c’est avec brio que le pianiste a accompli sa mission. 

 

© Visuel : Affiche officielle Jazz Festival à St-Germain-des-Prés

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