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Jazz Festival St-Germain-des-Prés, soirée du 19 mai

Jazz Festival St-Germain-des-Prés, soirée du 19 mai

20 mai 2022 | PAR Aurèle Poirier

Ce 19 mai 2022, la 21e édition du Jazz Festival à St-Germain-des-Prés a présenté deux concerts. Dans la somptueuse salle de la maison de l’océan ont été joués le dernier album, Twofold Head, du duo composé de la pianiste, Sophia Domancich et du batteur, Simon Goubert, puis l’album Heteroklite lockdown, du célèbre contrebassiste Henri Texier, dans un trio avec Sébastien Texier, saxophoniste et Gautier Garrigue à la batterie. 

Un duo aussi contemporain qu’intemporel… La pianiste Sophia Domancich et le batteur Simon Goubert travaillent ensemble depuis trente cinq ans. Leur dernier album en date, Twofold Head, sorti fin 2021 est un océan de douceur. Il s’inspire de courts-métrages du célèbre réalisateur et cinéaste, David Lynch. Twofold Head, baigne dans un univers de liberté, d’inspiration et d’improvisation. Leur musique dégage un esprit chamanique.

Un trio intergénérationnel et sensationnel… Avec plus de cinquante ans de carrière, Henri Texier performe certaines musiques de son dernier album Heteroklite Lockdown. Dans un trio en compagnie de Sébastien Texier et Gautier Garrigue, Henri Texier nous montre qu’après cinquante ans de carrière, il n’a rien perdu de sa ténacité et de son humilité. C’est avec des yeux écarquillés que nous écoutons le saxophoniste Sébastien Texier et le guitariste Gautier Garrigue. Le trio nous emmène dans un voyage d’émotion et de réflexion. 

Un dialogue musical

Sophia Domancich et Simon Goubert forment une pièce de théâtre musicale. Ils dialoguent et se répondent, le piano s’accorde sur le rythme de la batterie, ou au contraire, se crée parfois une désynchronisation volontaire. Il y a une véritable liberté d’expression. Leur musique nous raconte et nous inspire des histoires, chacun est libre d’imaginer et de ressentir ce qu’il souhaite. Ne pas hésiter à s’abandonner pleinement à l’instant présent, voilà ce que nous encourage à faire Sophia Domancich et Simon Goubert. Les sentiments de peurs, de colères, d’amour et de désir se font sentir. 

Votre corps est parfois parcouru de frissons et la chair de poule fredonne de la tête aux pieds. Le piano fait penser à un cerveau qui fuse de réflexions tandis que la batterie touche à l’émotion de l’instant. La lumière joue également un rôle important dans la perception des sons. Alternée entre le bleu et le doré, les deux artistes brillent entre le jour et la nuit. Naît ainsi dans ce mélange sonore et lumineux cet aspect crépusculaire et chamanique. Simon Goubert ferme beaucoup les yeux et se laisse porter par son intuition musicale, Sophia Domancich est dos au public et ses mains gambadent sur le piano, guidées par l’inspiration et l’émotion. Les deux musiciens sont ainsi englobés dans deux bulles à la fois distinctes et unies. 

 

Merveilleux et talentueux

Un trio à la fois merveilleux et talentueux… Avec plus de cinquante ans de carrière, Henri Texier garde la même énergie et le talent qu’un jeune de vingt ans. Sûrement l’un des plus grands contrebassistes du monde, c’est un délice à l’entendre jouer, la contrebasse forme une extension de lui même. Sébastien Texier maîtrise le saxophone comme personne. A l’instar du chat qui retombe toujours sur ses pattes, le saxophoniste retombe toujours sur la note. Gautier Garrigue englobe votre cœur, la batterie est ici une propulsion de sentiments. Ecoutez et laissez vous bercer par l’harmonie fabuleuse de ce trio phénoménal. 

Le trio joue cinq morceaux : Bacri’s mood, de Henri Texier, Forest Forgive them, de Gautier Garrigue, un titre de Henri Texier que le musicien n’a pas souhaité nommer, What is this strange thing called love ?, de Henri Texier et enfin un titre de Sébastien Texier intitulé Sortie (en yougoslave). Chaque titre donne une musique très imagée. La musique s’accorde sur les titres, exprimant des mots et des sentiments. Le trio fait passer par le jazz ce que les mots n’arrivent pas toujours à définir. Bacri’s mood est un clin d’œil à l’acteur Jean-Pierre Bacri, que H. Texier a rencontré dans un train. La musique traduit les hauts et les bas de la vie, les moments où l’on boude et au contraire où on sourit. Chaque morceau a son univers, le public est transcendé par cette symphonie de magie à la fois mielleuse, mélodieuse et délicieuse. 

En somme, le Jazz Festival à St-Germain-des-Prés présente des grands talents jusqu’au 21 mai. Chaque musicien possède son style et son univers, le public se laisse bercer dans la douceur. Le cadre est époustouflant, la Maison de l’Océan est magistrale. Ce fut un voyage musical presque spatial.  

© Visuel : Affiche officielle Jazz Festival à St-Germain-des-Prés

 

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