Electro
Joe Boner, le cow-boy qui écoutait de l’électro dans Le Grand Canyon

Joe Boner, le cow-boy qui écoutait de l’électro dans Le Grand Canyon

17 mars 2021 | PAR Clara Bismuth

Ce 22 Février, alors que les passionnés de musiques électroniques pleuraient la séparation des Daft Punk, d’autres se consolaient avec le premier EP génialissime de JOE BONER, The Executive.

Électro fidèle à une certaine French touch, ainsi qu’aux good vibes funky de Pharell Williams ou encore de Nile Rodgers, Joe Boner est la bonne surprise de cette année 2021. Fusion entre deux jeunes passionnés du son, Lucas et Nicolas ont d’abord collaboré autour d’un projet commun à Los Angeles. Puis, sur ces terres américaines, ils dénichent leur nouveau studio itinérant, un camping car qu’il surnomme : The Executive from 1984. Sur les routes Californiennes, à travers les paysages sauvages et ocreux de l’Arizona, ou encore de part les somptueux panoramas de l’Utah, JOE BONER laisse ces visions guider leur fibre créatrice.

The Executive est donc un EP qui regorge d’images cinématographiques, allant jusqu’aux ambiances kinesthésiques, voir synesthésiques.

Dynamique, chaleureuse, dansante mais aussi violente, la musique du duo se réinvente à chaque écoute sans jamais nous lasser. Afin d’en savoir plus sur ces nouveaux talents, nous les avons donc rencontré lors d’une interview.

CB : JOE BONER, c’est qui ? C’est quoi ?

JOE BONER : Joe Boner c’est le personnage qui incarne notre dernier bastion de liberté en ces temps troublés. C’est un vieux cowboy qui aime la violence des grands espaces.

CB : THE EXECUTIVE est un projet d’EP très aboutit. On sent que vous êtes passés par plusieurs stades de travail, plusieurs réflexions. Vous pouvez nous en dire plus ?

JB : Tout a commencé dans un camping car sur Zuma Beach. Rythmés par les battements du moteur de notre camping, qu’on retrouve d’ailleurs dans certaines basses de nos tracks, on a commencé à composer avec un studio minimaliste. Après 3 mois à écumer les routes californiennes, notre vieil et fidèle ami RV (camping car) a rendu l’âme. Nous sommes donc passés sur un nouveau process de studio itinérant, d’abord de motel en motel, entre l’Arizona et l’Utah, puis sur un format plus luxe au Mexique dans des maisons très agréables. On a fini nos démos sur lesquels on peut retrouver l’ADN de l’EP. Puis à la fin de notre voyage nous sommes revenus peaufiner « The executive », qui est le nom de notre camping car décédé.

CB : Il y a un côté très Daft Punk et French Touch sur vos compositions. Quels sont les artistes et styles qui vous influencent ?

JB : C’est pas vraiment la french touch ou daft punk qui nous inspirent, bien qu’on soit hyper fan des daft. On n’utilise pas de sample dans nos prods. Nos influences quotidiennes sont plus rocks mais pour réaliser l’EP on a puisé des process plutôt funks. De ce fait, on reste dans l’énergie du rock mais sur une mouvance funk, ce qui nous rapproche des notes à la Pink Floyd, du célèbre disco de Chic, ou encore du très dansant Gino Soccio …

CB : On sent une certaine évolution dans votre EP, qui oscille entre ambiance décontractée et chaleureuse, à des beats énergiques et dansant, en passant par des atmosphères mystiques, sombres et un brin mélancoliques. Racontez-nous ?

JB : C’est rythmé par la perception de notre voyage. La violence revient souvent car on a vu des choses et rencontrés des personnes qui en sont des acteurs. Finalement notre musique oscille entre toutes ces atmosphères car elle est le reflet de nos états d’âme et de nos changements d’humeur. Beauté et violence vont souvent de paire dans la nature.

CB : Comment se passe le processus de travail sur vos compositions. Est-ce que vous partez plutôt d’une mélodie, d’improvisations etc ?

JB : Ça dépend des morceaux. On peut partir sur des improvisations qui mènent sur de nouveaux angles d’attaque et parfois ce sont des idées de mélodies qui nous surprennent. On utilise des procédés très variés mais surtout on suit nos inspirations.

CB : Le premier titre de l’EP, GOD, laisse place à l’imagination. Si vous deviez en faire une petite histoire qu’est ce que ça raconterait ?

JB : Avec GOD, alias, Gimme One Dance, on souhaite laisser libre cours à l’imagination de chacun, mais il y a des indices dans la construction et dans le choix des ambiances.

CB : La collaboration qui vous ferait kiffer ?

JB : Dans nos rêves les plus fous on adorerait se lancer sur des collabs avec Alan Parson, Serge Gainsbourg ou John Lennon. Mais pour être plus réaliste travailler avec Macadam Crocodile serait vraiment un kiff.

CB : L’artiste à suivre selon vous en ce moment ?

JB : Gaspard Augé qui sort son premier album solo, on a vraiment hâte de l’écouter. L’extrait sur le set de Pedro Winter était très enthousiasmant.

CB : Un son culte que vous auriez aimé composer ?

Nicolas : Shine on you de Pink Floyd

Lucas : La célèbre face B d’Abbey Road par les Beatles

CB : Votre point positif au confinement et à cette année 2020 ?

JB : On a quitté Paris où on a plutôt mal vécu le premier confinement comme beaucoup de monde. Ça ne nous a pas été très bénéfique, on a essentiellement fait des prods pop hyper tristes. Du coup on a pris nos machines et on est venu se griller tranquillement au soleil.

CB : Vos projets pour 2021 ?

JB : Produire notre premier album, jouer notre live et voyager. On espère pouvoir rapidement monter sur scène et partager notre musique.

CB : Un dernier truc que vous souhaiteriez partager avec nous ?

JB : On va sortir une édition limitée de l’album en format vinyl et il y aura un petit cadeau pour apprécier l’écoute dans chaque vinyl.. mais chut… c’est un secret

Photo ©Baptiste Malle et Artwork ©Dorian Cueff

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Clara Bismuth
Rédactrice pour le magazine Toute La Culture depuis mars 2018, principalement dans les rubriques Musique et Cinéma.

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