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Voyage au bout de soi

Voyage au bout de soi

06 octobre 2011 | PAR La Rédaction

Et rester vivant, de Jean-Philippe Blondel, éditions Buchet/Chastel septembre 2011

Vingt-cinq ans après les faits, Jean-Philippe Blondel nous offre avec ce roman autobiographique un morceau de bravoure. Car il a su trouver le ton juste, le « La » de la partition du texte ; non pas celui d’une mélodie larmoyante, mais celui d’une envolée de notes toutes plus vibrantes et vivantes les unes que les autres, toutes si sensibles et si belles.
Un grand frère, des parents, une route que l’on imagine longue devant soi et soudain, au carrefour de l’existence, la mort qui frappe. Sa mère et son frère tout d’abord. Puis, quatre ans plus tard, son père. Accident de voiture à chaque fois. A 22 ans, le jeune homme se retrouve seul à devoir conduire sa vie. Du moins essayer. Car comment garder le cap quand on a tout perdu ? Et quel cap ? Comment résister à la tentation de ne pas foncer soi-même tombeau ouvert dans un mur quand plus personne ne nous retient ici-bas ?
La chanson Rich de Lloyd Cole, laquelle évoque Morro Bay, une contrée lointaine de Californie, va mettre un temps sa souffrance au point mort. Hypnotisé par cette mélodie qui anesthésie son intolérable douleur et retient son chagrin dans une camisole musicale, il décide de partir voir cet endroit avec Laure et Samuel, ses amis les plus proches, lesquels deviennent ses copilotes de vie. Dans une voiture de location, une somptueuse Thunderbird, tous trois vont parcourir la Californie le temps d’un été. Vivre un rêve éveillé et cauchemarder les yeux ouverts. Tenter de mettre des couleurs sur ce monde noir et blanc à travers les rencontres faites en chemin, les sites pittoresques traversés. Et pour l’auteur, reprendre peu à peu le volant de son existence…
Avec justesse, pudeur et sensibilité, Jean-Philippe Blondel prend le lecteur à son bord dès les premières lignes et l’emmène sur les routes de la résilience. Un ouvrage juste… MAGNIFIQUE !

P191 : « C’est de ça que j’ai envie. D’une affirmation de l’existence. De m’installer dans la permanence. De prendre place dans la bataille fragile et pittoyable des êtres humains qui posent des fondations et montent des édifices, en sachant pertinemment qu’un jour ou l’autre, tout disparaîtra. »

Karine Fléjo

Informations pratiques :
Prix éditeur : 14,50€
Nombre de pages : 245

Gagnez 2×2 places pour la pièce Le malin plaisir de David Hare par la troupe de l’Heure Egale à l’Essaïon le dimanche 16 octobre
Journée d’étude sur Fritz Lang le 22 octobre
La Rédaction

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