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« Un élément perturbateur » d’Olivier Chantraine, une sage et fade comédie

« Un élément perturbateur » d’Olivier Chantraine, une sage et fade comédie

03 octobre 2017 | PAR Jérôme Avenas

Premier roman publié par les Éditions Gallimard, « Un élément perturbateur » met en scène, à la façon d’un comédie franchouillarde les déboires d’un anti-héros aux mille problèmes, avec, en arrière-plan, le monde de la politique et de la finance.

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Serge Horowitz est analyste financier au sein de la Offshore Investment Company où « les associés se creusent les méninges pendant des heures pour créer les meilleurs montages financiers permettant à leurs clients d’investir (…) sans que l’argent ne transite jamais par la France ». C’est son frère, François, ministre des Finances, qui l’a placé. Sa sœur Anièce lui assure gîte et couvert depuis le décès de leurs parents. Assisté de toutes parts, Serge est le cliché de l’anti-héros : hypocondriaque, incapable de prendre des décisions, émotif et même sujet à des épisodes d’aphasie. Dès les premières pages, toute l’histoire qui va nous être racontée est, hélas, prévisible. Sans doute parce que le roman épuise, les unes après les autres, les ficelles des comédies à succès, sans jamais tenter de renouveler les codes, encore moins de les détourner. Tous les clichés sont là : l’homme de pouvoir et son homosexualité au placard, le voyage au Japon où tout est tellement différent, la collègue qui provoque tour à tour attirance et répulsion, et des phrases comme « la vie ressemble parfois à un puzzle de mille pièces dont il manquerait des morceaux, sans qu’on sache exactement lesquels ». Englués dans les stéréotypes, les personnages peinent à exister. Quelques tics d’écriture rendent la lecture lassante, voire pénible. Dans les dialogues, par exemple, la répétition incessante du prénom de l’interlocuteur : « Je reçois un appel de Laura. Serge c’est moi. Laura je réponds timidement comme un enfant qui essaie de se faire pardonner après avoir fait une grosse bêtise. Écoute Serge, je suis désolée, j’ai peut-être été un peu dure avec toi. Non t’inquiète Laura, c’est normal, tu sais je me rends bien compte que j’ai merdé grave à la réunion. »
C’est d’autant plus dommage qu’Olivier Chantraine connaît bien le monde dont il parle et que quelques écueils évités, « Un élément perturbateur » pourrait être une vraie et bonne comédie.

Olivier Chantraine, Un élément perturbateur, Éditions Gallimard, août 2017, 288 pages, 20€.

Visuel : couverture du livre

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