Fictions
« Qui sait » de Pauline Delabroy Allard : ode à la vie qui continue

« Qui sait » de Pauline Delabroy Allard : ode à la vie qui continue

18 août 2022 | PAR Marine Stisi

Les Editions Gallimard publient le deuxième roman de l’autrice et poétesse Pauline Delabroy-Allard, Qui sait. Son premier « petit roman » comme elle le nomme, Ça raconte Sarah, publié aux Editions de minuit, avait remporté un succès notable et c’est haut la main qu’elle réussit à passer le cap, difficile, du deuxième livre.

Notre héroïne s’appelle Pauline. La trentaine, elle est enceinte d’un enfant qui ne vivra pas. De cette tragédie sourde découle une prise de conscience, un défi à relever : savoir qui elle est vraiment. Sur sa carte d’identité, Pauline a trois autres prénoms : Jeanne, Jérôme, Ysé. Et parce que chez elle, on se tait, chez elle, les histoires ne se transmettent pas, Pauline ne sait rien de ce à quoi correspondent ces prénoms, jusqu’au jour où cela devient une obsession. Tourner le regard, ne pas sombrer, maintenir la tête hors de l’eau en apprenant à se connaître mieux.

Débute ainsi une quête solitaire, humaine et littéraire. Chez Pauline Delabroy Allard, c’est loin de tous que le deuil se fait. Dans Ça raconte Sarah, c’était vers l’Italie que l’héroïne s’était envolée pour pleurer la perte d’un amour. Dans Qui sait, c’est en Tunisie, à Paris ou enfermée dans une maison du sud, écrasée par le soleil, qu’elle finit par trouver les réponses à ses questions. Loin des yeux mais si près du cœur.

Pauline affronte les fantômes de sa vie et de celles de ses proches, elle les affronte sans jamais se perdre. Au contraire, elle est en pleine maîtrise de soi, peut-être pour la première fois. Cette langue qu’elle ressasse sans cesse l’accompagne partout dans ses voyages, et nous, nous la suivons avec délectation.

Qui sait, Pauline Delabroy-Allard, Editions Gallimard, 208 pages, 19,50€
Date de publication : 18/08/2022

Voyage à Trieste, l’Italie version mitteleuropa
« Le Trésorier-payeur » de Yannick Haenel : L’autre Georges Bataille
Avatar photo
Marine Stisi
30% théâtre, 30% bouquins, 30% girl power et 10% petits chatons mignons qui tombent d'une table sans jamais se faire mal. Je n'aime pas faire la cuisine, mais j'aime bien manger.

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.


Soutenez Toute La Culture