Poésie
Dans la dream machine de Barbara Carlotti et Prieur de la Marne à la Maison de la Poesie

Dans la dream machine de Barbara Carlotti et Prieur de la Marne à la Maison de la Poesie

18 septembre 2020 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Jusqu’au 27 septembre, le Centre Pompidou organise la Festival Extra qui fait déborder la littérature hors des livres et même hors du musée. Hier, la chanteuse et le dj ont fait planer la salle masquée de La Maison de la Poésie.

Rencontre magnétique

Un grand écran annonce le programme : Prieur de la Marne, Barbara Carlotti et la Beat Generation. On ne sait rien encore de ce DJ au nom jacobin. On sait en revanche que Barbara ne recule devant aucune audace. Elle aime se frayer des chemins du côté de la pop, sa collaboration avec Bertrand Belin en témoigne.  Elle sortira le 9 octobre prochain son nouvel album Corse île amour.

Alors toute cette soirée part d’un cadeau fait à la chanteuse il y a 14 ans. Une somme sur la beat génération. Et son envie est de transmettre le « tiers esprit », l’autre chemin de ces poètes. Elle prend la tangente pour regarder, lire et chanter la part du rêve pas encore psychédélique chez William S Burroughs et Brion Gysin. Il est question de beaucoup, mais alors beaucoup de drogues, d’états seconds et de réveils délicieux. 

Il s’agit bien plus d’un concert que d’une lecture. La bande son composée par Prieur de la Marne tient du génie autant que de la folie. La culture pop dans ce qu’elle a de plus beau vient s’accrocher aux mots des « vrais poètes ».

C’est extra

Lui, frêle garçon tout vêtu de noir, du masque jusqu’aux gants, est immense derrière ses platines. Il malaxe, vient comme un tireur d’élite insérer la bonne phrase au bon moment. On croise Françoise Hardy, Blondie, Gainsbourg et The Cure, Michel Legrand, Philippe Katerine dans des riffs electros, parfois complètement évanescents, parfois complètement trippants.

Barabra Carlotti, elle aussi tout en noir, mais pour le coup totalement solaire. Elle nous transmet sa passion pour la dream machine, cette drôle de lampe qui, en tournant, vous met dans un état de détente provoquant des visions. Elle aussi mixe, provoque des rencontres entre les chansons de son dernier album sorti en 2018, Magnétique qui, rappelons le, est une transcription des rêves nocturnes de la chanteuse,  et les textes des années 60.

Elle incante, et nous dit « Je parle un nouveau langage ». Elle enquête sur la disparition du verbe pour ne garder que « le désir » ou « l’agonie »et ordonne, dans une dernière injonction : « Fais l’amour si tu peux ».

Et ensuite, tous les deux nous souhaitent une bonne nuit, que les spectateurs auront peut être vécue de façon très onirique, mais ça, c’est une autre histoire.

Au fait, allez au Festival Extra, la programmation est folle ce samedi à l’occasion de « The John Giorno Poetry day », un grand hommage au poète disparu avec entre autre, le soir dans la grande salle, un concert de …Thurston Moore! 

 

 

 

Visuel : ©Bertille Chevallier

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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