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Week-end au Festival Extra ! : Entre amour et fantômes

Week-end au Festival Extra ! : Entre amour et fantômes

12 septembre 2022 | PAR Adam Defalvard

Le festival Extra! a proposé ce week-end une programmation permettant d’envisager la littérature sous des angles nouveaux. Une exploration de l’écriture et de la lecture en mouvement.

Fantômes du cinéma

L’exposition TypoFilm (8-18 septembre) est pensée comme une démonstration de l’usage du texte dans le cinéma. La petite salle noire plonge immédiatement dans une ambiance fantomatique. L’oeuvre de Timm Ulrichs y contribue grandement grâce à un projecteur faisant apparaître sur un pan de mur des lettres qui permutent et deviennent tour à tour IKON et KINO (icône et cinéma). Une affiche, réalisée par Lawrence Weiner autour d’un projet de Mathieu Copeland, proclame une phrase mystérieuse : « All that we see in cinema is false & yet it is the only reality we know ». (Tout ce que nous voyons dans le cinéma est faux et pourtant c’est la seule réalité que nous connaissons.) Une intrigante petite exposition qui rend tangible toute la fascination qu’exerce le cinéma. 

Vendredi soir, nous pouvions découvrir le moyen-métrage de Théo Casciani Version (Maquette 3/12). Ce film de science-fiction, qui est une avant-lecture d’un texte à paraître en 2023, est lui aussi peuplé de fantômes et d’hologrammes. Le propos paraît un peu trop opaque mais la tentative de proposer une science-fiction poétique et philosophique est intéressante. De plus, la musique ambient du film est une belle réussite. 

Amour du livre

Samedi, le festival proposait une après-midi et une soirée autour du thème de l’amour : Les Love lectures. À 16h, Morgane Ortin, autrice et influenceuse connue pour son instagram @amours_solitaires, proposait un speed-dating littéraire. Le but : créer une rencontre entre deux personnes autour de leur livre préféré. Les noms des inscrits étaient tirés au sort pour former les duos et pendant dix minutes, chacun pouvait partager son amour pour un livre.

Cet événement fut particulièrement bien à sa place au sein de ce festival. Il a permis de rendre véritablement vivante la littérature en transformant le participant du festival en acteur, et en l’invitant à partager sa sensibilité autour de la lecture. Des rencontres courtes mais touchantes, une très belle idée.

Poésie en mouvement

Pour la deuxième partie des Love Lectures, Simon Johannin nous a entraîné dans une lecture musicale et envoûtante de son dernier recueil de poèmes La Dernière Saison du monde (Allia, juin 2022). La musique électro méditative de Junk8 accompagnait cette lecture. Un moment de partage où la mise en mouvement d’un texte peut le sublimer.

En effet, la voix posée et détachée de Simon Johannin happe le public et transforme ses poèmes amoureux et sensuels en bribes d’universel. L’un d’eux, d’ailleurs, évoque à nouveau un fantôme, mais cette fois-ci celui d’une relation passée. Le fait que cette lecture se déroule dans le salon ouvert des Deborah Bowmann contribue à son efficacité. On voit et on sent le passage des personnes qui arrivent et s’en vont et on entend le bruit du hall du musée au dessus de nos têtes. Au lieu de déconcentrer, cette ambiance permet de voir différemment les mots prononcés par Johannin puisqu’il ne s’agit plus d’un texte immuable et opaque mais de paroles qui contribuent à un tout. Le public n’est pas obligé de recevoir le poème en entier et il est libre de prendre cette expérience sensorielle comme il l’entend. Une moment de communion réussi et captivant.

 

Visuels : Photos de l’exposition TypoFilm et du salon littéraire des Deborah Bowmann. Adam Defalvard.

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Adam Defalvard

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