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Phil Pressing de Starshooter sort son autobiographie : de sueur, de sang et de sexe !

Phil Pressing de Starshooter sort son autobiographie : de sueur, de sang et de sexe !

26 décembre 2019 | PAR Jean-Christophe Mary

Dans une autobiographie sincère et émouvante, l’ex batteur de Starshooter se dévoile en toute intimité.

Ce récit nous ouvre grand la porte de la vie hors norme de l’ex-batteur de Starshooter. Les motivations, les démons, l’angoisse et les joies, mais aussi les craintes, les espoirs et les rêves, tout ce qui façonné l’homme au cours de ces quarante dernières années est raconté ici au travers de mots d’une étonnante franchise. De ses écrits sur Facebook, on connaissait déjà l’esprit gouailleur, la dérision, l’humour provocateur de l’homme. Ces derniers mois, en livrant ça et là quelques extraits dans ses posts, il nous avait fait une promesse, celle de ne rien cacher au lecteur. Pari tenu.

Philippe D’Anière démarre sa « story » par son arrivée dans le Los Angeles des 80’s, avec juste 300 dollars en poche. Au cours des vingt six chapitres,  il nous dévoile des anecdotes, toutes plus croustillantes les unes que les autres. Originaire de Lyon « capitale de la gastronomie et du rock » Philippe d’Anière raconte les années Starshooter bien sûr, mais aussi sa bijouterie éphémère cours Emile Zola, le vieux Lyon branché des 70’s avec ses personnages haut en couleur où l’on croise des macs, des prostituées, des figures de la politique locale, Michel Noir, Pierre Botton, des figures du milieu industriel, Emile Veron (patron des petites voitures Majorette) ou des caïds tels Gaetan Zampa. A Los Angeles, il rapporte ses années de succès dans le business du jean puis sa descente aux enfers, le suicide de sa compagne Kiki , la prison, la vie de semi-clochard sur un bateau sans vitres ou livrer des camping cars aux USA, puis la remontée en surface avec son florissant business de bateaux. Avec la franchise qu’on lui connaît, il relate en détails ses anges, ses démons, la cocaïne bien sûr, le sexe omniprésent au fil des pages. Puis, c’est un  flashback sur ses années Lycée celui des Chartreux à Lyon (« C’est une peu comme la prison St Paul ), les années Starshooter où le pognon des maisons de disques coule à gogo, l’émotion retenue quand il reçois par la poste le 1er 45 t du groupe « Quelle Crise Baby », les arnaques dans le business du jean, ne cache rien du suicide de Kiki l’amour de sa vie retrouvée pendue.

Ici l’écriture est souvent vibrante, mordante comme chez Céline cernée de violence, tissée de désespérance, une écriture parfois sombre, semblable aux  personnages de Zola avec la misère sociale comme ce voyageur de commerce à qui il offre sa maitresse du moment dans un hôtel lyonnais où ces taulards californiens qui nettoient les highway. Pour les puristes, son écriture cash and direct peut faire pour figure de parent pauvre, d’atteinte aux bonnes mœurs littéraires. Ce style, c’est son style. Ce n’est un secret pour personne : la richesse de la langue n’est jamais mieux servie que lorsqu’elle est plurielle, mouvante, protéiforme. Derrière, le côté gros dur, on sent souvent la faille de l’homme. Forcement, Phil Pressing est touchant quand il parle de la mort des trois femmes de sa vie dans le chapitre « Cryin » : sa grand mère, sa compagne Kiki  et sa mère. A chaque page, ca sent les nuits « d’usine dans les vapeurs des presses des jeaneries », les liasses de billets verts, les lignes de coke et le sexe . « Lorsque j’étais batteur de Starshooter je croyais vivre les années les plus rock de ma vie….c’est après que ma vie est devenue vraiment « Punk ». Voilà. Maintenant lecteur,  à toi de jouer. 

Philippe d’Anière alias Phil Pressing, Autobiographie, 342 p., 19,80€.  En vente en ligne et dans quelques librairies dont Gibert Jeune. 

visuel : couverture du livre

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