Jeunesse

No pasaran, endgame de Christian Lehmann

No pasaran, endgame de Christian Lehmann

09 novembre 2012 | PAR Sandrine et Igor Weislinger

Andreas est lâché dans le Paris de 1942. Thierry et Eric réalisent que le jeu n’en n’est pas un, qu’ils ont réellement été projetés dans le passé où Andréas est resté. Gilles, quand à lui, est témoin par le biais du jeu d’un crime abominable. Il devient l’allié de Thierry et d’Eric dans leur guerre contre la guerre…

Christian Lehmann est auteur de nombreux livres. Médecin, il a publié un livre sur son travail: Patients, si vous saviez: confessions d’un médecin généraliste mais aussi divers romans pour adultes et pour la jeunesse dont à l’Ecole des Loisirs le fascinant La citadelle des cauchemars. No pasaran , le jeu est toutefois son œuvre la plus marquante, celle qui a eu le plus de succès et a déjà passionné plus de 300000 lecteurs. Elle a d’ailleurs fait l’objet d’une adaptation en bande dessinée de l’auteur lui-même chez Casterman dont le second volume est en cours de réalisation. Christian Lehmann souhaite écrire pour tous. Sa trilogie se destine toutefois à un lectorat adolescent et adulte car elle contient différents passages susceptibles de choquer de jeunes lecteurs.

L’auteur prend de gros risques avec ce troisième tome. Il ne se borne plus à revisiter sous un angle critique l’Histoire passée. Il parle aussi de celle actuelle, critiquant à mots à peine couverts certains dirigeants de partis politiques actuels. Il dénonce une situation qui a peu évoluée, où rares sont ceux qui ont su tirer les leçons de l’Histoire. Il fustige également le goût pris à la violence et à la guerre, l’addiction de certains journalistes aux faits divers sanglants et sensationnels dont la quête devient leur adrénaline. Nous assistons à la montée en monstruosité de plus en plus puissante du personnage d’Andreas et de son père. Ce récit nous rend vivant comme rarement une œuvre de fiction a su le faire les atrocités de la Seconde Guerre Mondiale et nous aide à ne pas oublier l’Histoire, jamais.

Dans cette lutte entre le Bien et le Mal, l’espoir rayonne dans ce troisième tome qui finit étonnement bien au vu de la noirceur des deux premiers. La rédemption est possible pour celui qui n’avait pas conscience de ce qu’il faisait, dont la jeunesse et l’embrigadement par les forces maléfiques lui avaient fait oublier qu’il avait au fond de lui quelque chose de bon qui ne demandait qu’à s’épanouir. Ce livre nous fait revivre un passage héroïque de la résistance française que nous avions déjà découvert sous un autre angle à l’Ecole des Loisirs dans: La guerre de Catherine de Julia Billet qui se déroule à la maison des enfants de Sèvres où une importante part de ce troisième tome se déroule aussi. C’est dans cet univers enfantin que le monstre peut retrouver son humanité grâce à la confiance d’un regard d’enfant posé sur lui.

Un troisième tome puissant, d’un suspense haletant qui clôt magistralement cette trilogie, cela valait le coup d’attendre la fin depuis 2005.

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