Fictions
« Muchachas » de Katherine Pancol : les dames d’abord !

« Muchachas » de Katherine Pancol : les dames d’abord !

03 mars 2014 | PAR La Rédaction

Près de quatre ans après la parution des Ecureuils de Central Park sont tristes le lundi, ultime opus de son illustre trilogie, Katherine Pancol nous livre ce mois-ci le premier volet d’une nouvelle saga, Muchachas. Au programme, vous retrouverez les ingrédients habituels qui ont fait son succès : l’amour, la difficulté à communiquer, les histoires de famille, et les inévitables travers de l’espèce humaine.

[rating=3]

Muchachas-pancolAu fil des pages, le beau sexe mène la danse. Quelques figures incontournables de la galerie Pancol, Hortense et Joséphine Cortès, se font la part belle le temps d’un salut amical, avant de céder le pas à une nouvelle recrue. Stella, blondinette trentenaire un brin garçon manqué, lutte seule contre les fantômes du passé, pour soustraire à la vindicte d’un père violent son compagnon et son fils – objets de convoitise pour cet homme revanchard – et sa mère dévastée par des années de souffrance tue. La jeune femme ne devra pas ménager ses efforts : sapeur-pompier unanimement salué pour son dévouement au service du village, Ray Valenti dispose, en chef de bande, de toute une armée de sbires à sa botte.

Dans ce nouvel opus, Katherine Pancol s’éloigne du tumulte urbain au profit d’un réalisme rural souvent exempt de bucolisme. Elle brosse le tableau d’une vie « à la dure », de la ferme bourguigonne où l’héroïne a trouvé refuge à l’entreprise de la Ferraille où elle gagne sa pitance au milieu des machines, en passant par l’auguste château de Jules de Bourrachard dont elle est l’ultime descendante. Après quelques brèves incursions à New York, Paris et Londres où sévissent Hortense et Joséphine Cortès, le lecteur apprécie ce changement de décor.

Dans ce paysage renouvelé, Katherine Pancol confirme son talent de conteuse : les péripéties s’enchaînent à un rythme effrené, le suspense ne fait pas défaut et quelques ingrédients du thriller viennent parfois se mêler à ceux qui ont fait le succès des Yeux jaunes des crocodiles.

Les personnages qui peuplent cette saga composent une galerie hétéroclite, mais ils n’échappent pas toujours aux stéréotypes propres à cette veine romanesque. Leur construction semble obéir à une logique très binaire, souvent régie par l’excès : la sémillante Hortense trouve son exact contraire dans la laideur de Calypso, la détermination de Stella n’a d’égale que l’abnégation de sa mère, elle-même aussi dévouée que son propre père était obtus… De la conquérante à la fragile sylphide, la romancière semble n’admettre qu’une gamme de nuances fort restreinte. Cette tension vers l’outrance tend à déréaliser des personnages un peu trop prévisibles, bien qu’attachants.

Les amateurs de l’univers Pancol ne s’en réjouiront pas moins de rencontrer ces nouvelles recrues, dont la trajectoire promet d’être sinueuse… Au terme de 400 pages d’une haletante cavalcade riche en révélations, l’auteure clôt son numéro d’équilibriste par une pirouette digne d’un polar. Rendez-vous en avril prochain pour la suite des événements.

Katherine Pancol, Muchachas, Albin Michel, sortie en février 2014

© Visuel : couverture du roman

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