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[Live report] Gil Shaham avec l’Orchestre de Paris : Concerto noble et sentimental

[Live report] Gil Shaham avec l’Orchestre de Paris : Concerto noble et sentimental

03 mars 2014 | PAR La Rédaction

Le 19 février dernier, l’Orchestre de Paris invitait le chef d’orchestre James Gaffigan et le violoniste Gil Shaham pour un concert au lyrisme espiègle.

gil_shaham © Christian SteinerGil Shaham est de ces instrumentistes dont le bonheur de jouer se lit instantanément sur le visage et le corps tout entier. C’est qu’il a le sourire radieux, même pendant l’exécution des traits les plus ardus. On pense à ces gymnastes dont le visage rayonne, même pliées ou écartelées en des positions improbables…

Le Concerto pour violon en ré majeur d’Erich Korngold est une œuvre de choix pour ce violoniste au son ample et à l’archet généreux. Composée en 1945-46 pour un Jascha Heifetz souffrant de n’être considéré que comme un virtuose, l’œuvre laisse la part belle au chant et à l’élégie. En habitué des studios hollywoodiens que ne complexent pas les phrases orchestrales épiques, Korngold lui écrit donc un concerto qu’il conseille de « chanter tel un Caruso, et tant pis pour Paganini ! » Du pain béni pour Gil Shaham. Il se délecte ostensiblement du premier mouvement Moderato nobile, qui alterne joyeuses gambades dans les hauteurs de la corde la plus aiguë et phrases amoureusement alanguies. L’entente entre le soliste et l’orchestre est palpable, il y a de beaux échanges entre le sautillant Shaham et Roland Daugareil, premier violon à l’engagement contagieux. Les amateurs de pyrotechnies violonistiques sont servis avec le Finale,  où les acrobaties plus attendues reprennent leur droit. Ce qui n’empêche pas Shaham de radieusement s’y épanouir, en lutin malicieux sorti des partitions hollywoodiennes de Korngold.

Avant les épanchements cinématographiques de Korngold, c’est par la musique d’un compositeur associé au théâtre de cabaret que le concert commence : Kurt Weill et son Opéra de Quat’sous, du moins la Suite pour orchestre de vents qui en a été adaptée. L’occasion pour ce pupitre de l’Orchestre de Paris de faire montre de sa virtuose complicité. La Complainte de Mackie ou la Ballade de la bonne vie, font vibrer les anches et sonner les clés d’une ironie grinçante. Le clarinettiste Philippe Berrod et le bassoniste Giorgio Mandolesi s’en donnent à cœur joie, laissant oublier la baguette un peu terne de James Gaffigan.

Placé sous le signe d’une espièglerie habitée, le concert s’achève avec des extraits du ballet Cendrillon de Sergei Prokofiev. Le carrosse a parfois les roues lourdes et les valseuses les pieds épais, mais rien qui ne masque l’humour d’une partition féerique.

Par Victorine De Oliveira

Visuel: Gil Shaham © Christian Steiner

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