Fictions
Lisa Azuelos : « La vie en ose »

Lisa Azuelos : « La vie en ose »

17 juin 2020 | PAR Jean-Marie Chamouard

Lisa Azuelos est la fille de Marie Laforêt. Elle est cinéaste et écrivaine. La vie en ose raconte la reconstruction exemplaire d’Alice après le départ de son mari et de ses enfants.

« L’ennemi c’est la peur ». Alice, 53 ans, s’approprie ce mantra prononcé par le héros de la série Breaking Bad alors qu’elle est assaillie par un vide intérieur et un sentiment d’abandon. Son mari l’a quitté il y a un an et elle se retrouve seule, quand Chloé sa fille part en province pour ses études. Alice rêvait de devenir styliste mais doit se contenter d’un poste de vendeuse. Alors commence au quotidien un travail sur elle-même : elle décide d’oser. Elle ose tenir tête à un client désagréable, s’immiscer dans un cours de danse, créer pour Hélène et Lydia un pêle-mêle en collage. Elle écrit chaque jour dans un carnet intime, pour « museler la langue fourchue de l’autodénigrement » et cultiver les pensées positives. Peu à peu elle reprend confiance en elle, se réappropriant sa vie. Elle apprend auprès de Lydia à ne pas dissimuler sa féminité, à ne pas dévaloriser les valeurs féminines, à rester bienveillante envers elle-même et envers autrui. Elle aide les mères dans la douleur lors du départ de leurs enfants et crée pour elles des tableaux personnalisés à l’aide de collages. Alice est métamorphosée : elle développe son activité créatrice et débute une belle histoire d’amour.

Alice a passé sa vie « à s’occuper de gens qui sont partis ». Sa solitude est poignante, son sort peu enviable mais partagé par de nombreuses femmes de son âge. Elle est modeste, peu sûre d’elle, mais sympathique. Sa renaissance est donc remarquable, émouvante. En fait, le livre est à la fois un roman et un livre de développement personnel. Les thèmes de psychologie positive apparaissent dans le parcours d’Alice et dans les écrits de son carnet intime qui terminent chaque chapitre. C’est un « débriefing au quotidien ». Ce texte illustre bien les engagements de Lisa Azuelos, dans le féminisme, le développement personnel. Elle plaide pour une meilleure reconnaissance du travail quotidien des mères de famille, pour qu’elles ne soient pas les « employées » de leur conjoint, qu’elles ne se sentent pas si facilement coupables. Le thème central est celui « du syndrome du nid vide » concernant tant de femmes lors du départ des enfants après des années de dévouement. La métamorphose d’Alice est donc exemplaire. Lisa Azuelos a écrit un livre optimiste, volontariste, militant. Et si Alice avait tracé un chemin vers le bonheur ?

Lisa Azuelos, La vie en ose, Belfond, 288 pages, 19 euros, sortie le 11 Juin 2020.

visuel : couverture du livre

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Jean-Marie Chamouard

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