Fictions
La vie à côté, un premier roman original et marquant de l’italienne Mariapia Veladiano

La vie à côté, un premier roman original et marquant de l’italienne Mariapia Veladiano

30 août 2013 | PAR Yaël Hirsch

Prix Calvino 2010, le premier roman de  Mariapia Veladiano paraît en cette rentrée littéraire 2013 chez Stock. Un roman psychologique étonnant qui raconte la solitude d’une petite fille -puis d’une femme- laide dans les milieux bourgeois de Vicenze. Une découverte.

[rating=4]

la vie à côté roman Mariapia VeladianoRebecca est une femme qui a souffert toute sa vie d’une extrême laideur. Après sa naissance, sa mère s’est détournée de la petite fille déjà remarquablement laide; dépressive, cette figure du silence meurt très jeune, laissant la petite avec son père, un médecin peu affectueux et sa tante, la joyeuse mais très autoritaire Erminia. Laissée à la solitude d’une grande demeure bourgeoise vide, la petite ne peut sortir que la nuit – pour ne pas effrayer les gens dans une petite ville où les langues sot mauvaises. Elle a pour seule source d’amour son père, très maladroit, et la franche servante Maddalena qui l’adore mais ne la ménage pas. L’entrée à l’école est une révélation pour Rebecca qui s’y trouve une véritable amie en la plantureuse Lucilla et une alliée dans la maîtresse qui veut la garder en cours malgré les commentaires des parents d’élèves effrayés par l’aspect de la petite fille. La musique est une deuxième source de vie pour Rebecca : très douée pour le piano, c’est par la mère de son professeur qu’elle découvrira le secret familial qui est à l’origine de toutes les douleurs qui enferrent sa disgrâce physique.

Racontée par l’intéressée dans une langue d’un détachement poétique très séduisant (la traduction de Catherine Pierre-Bon laisse entendre les trésors de nuances que le roman contient), cette destinée brisée par la laideur et par ce que ses proches en font est une fable d’une élégance et d’une originalité qui ne laissent pas indifférent. Un très beau premier roman.

Mariapia Veladiano, « La vie à côté », trad. Catherine Pierre-Bon, Stock, « la cosmopolite », 224 p., 19 euros. Sortie le 21 août 2013.

« Naître laide, c’est comme naître avec une maladie chronique qui ne peut qu’empirer avec l’âge. A aucun moment de votre vie, l’avenir promet d’être meilleur que le présent, vous n’avez aucun joli souvenir dans lequel puiser du réconfort, vous laisser aller à rêver ne revient qu’à vous faire un peu plus mal. » p. 50.

Visuel : Couverture du Roman.

Ma vie avec Liberace : un portrait empesé de Soderbergh ouvre le festival de Deauville
Le Journal de la Photographie annonce sa fermeture
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *