Fictions

Géographie de la bêtise, Max Monnehay suit le village des idiots

Géographie de la bêtise, Max Monnehay suit le village des idiots

28 août 2012 | PAR Yaël Hirsch

Prix du premier roman avec le très remarqué « Corpus Christine » (Albin Michel), la jolie Max Monnehay est de retour avec une nouvelle fable caustique « Géographie de la bêtise » et n’a rien perdu de sa verve.  Un livre à déguster pour son énergie communicative. En librairies depuis le 23 août 2012.

Lassé d’être placé aux marges de la société en tant que simple d’esprit Pierrot a, contre-nature, un éclair de génie : il décide de créer une communauté d’idiots. Après une annonce télé, il se lance dans un tour de France pour ramener avec lui tels des disciples les idiots qui ont porté leur candidature à cette expérience exceptionnelle : fonder une communauté retirée de simples d’esprits. La première recrue de Pierrot s’appelle Bastien. Il a 22 ans, un père alcoolique, une mère castratrice et renoncé à faire le moindre effort dans la vie. Son défaitisme l’a placé aux bords de la bêtise et c’est depuis cette frontière géographique qu’il narre la splendeur et les misères de cette communauté idyllique que forment un peu moins d’une centaine d’idiots enfin regroupés en peuple. Mais le bonheur de cette communauté quasi-rousseauienne attire des esprits trop intelligents et pervers pour ne pas menacer le village.

Dans un style imagé, enragé, souvent oral et volontiers violent, Max Monnehay donne tout un monde à découvrir. Si du point de vue de la fable politique et de l’émotion humaine « Géographie de la bêtise » manque parfois d’un peu de fuel, la plume vibrante de l’auteur propulse le texte sur le devant de la scène de cette rentrée littéraire 2012.

Max Monnehay, « Géographie de la bêtise », Seuil, 228 p., 17 euros. Sortie le 23 août 2012.

« On dit que le bonheur n’existe pas. Ou que s’il existe, il n’est rien de plus qu’une impression fugace et glissante dont le souvenir ressemble à celui d’une étoile filante attrapée au coin de l’œil. Souvent, vous n’êtes pas loin  de ‘l’avoir vue, l’étoile filante. Le bonheur, vous n’iriez pas jusqu’à jurer sur la tombe de Grand-mère Grand-père qui vous voulez d’en avoir fait vraiment l’expérience.

On dit que ce que l’on pense être le bonheur n’est rien de plus qu’une invention de l’esprit, un frichti que vous concocte votre petit cœur malmené par une réalité trop décevante.

On dit que le bonheur n’existe pas, que seul existe le désir d’y parvenir.

Et Pourtant.

Nous étions une constellation.« p. 79

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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