Fictions
« « 53 jours » » de Georges Perec : Dernier labyrinthe

« « 53 jours » » de Georges Perec : Dernier labyrinthe

05 septembre 2022 | PAR Julien Coquet

Dernier livre, inachevé, de Georges Perec, « 53 jours » continue de développer la visée ludique de la littérature développée par l’auteur tout au long de son œuvre.

Pour les quarante ans de la disparition de Perec, ce n’est pas un mais deux auteurs qui sont convoqués pour préfacer « 53 jours », qui ressort dans la collection L’Imaginaire de Gallimard. Hervé Le Tellier, lauréat du Goncourt pour L’Anomalie, n’a jamais cessé de clamer son amour pour l’œuvre de Perec ; et Michèle Audin, mathématicienne, intègre le mouvement de l’Oulipo en 2009. Tous deux louent le caractère inclassable de « 53 jours ».

Publié en 1989 à l’initiative de Jacques Roubaud et Harry Matthews, « 53 jours » n’en est pas moins un livre inachevé. Perec, décédé en mars 1982, travaillait encore sur l’ouvrage au moment de sa mort, et n’en avait écrit que onze chapitres sur les vingt-huit prévus. En plus des chapitres rédigés figurent donc de longues pages de notes et de brouillons qui plongent le lecteur dans la fabrique de l’écrivain.

Comme souvent chez Perec, le jeu avec la littérature est présent : le titre lui-même est une référence à la durée qu’il aurait fallu à Stendhal pour dicter La Chartreuse de Parme. Hervé Le Tellier en profite d’ailleurs pour souligner que « chaque début de chapitre peut se lire comme la réécriture de La Chartreuse ». Et Perec, pour parler de son livre, de reprendre une fameuse citation de Stendhal : « Ce n’est pas un livre, ce sont des histoires qui se regardent. C’est un peu comme si on mettait un livre dans un miroir et puis, ce que l’on voit de l’autre côté du miroir, c’est le contraire. » Adoptant le genre policier (qui n’est pas nouveau chez Perec lorsque l’on pense à La Disparition, au scénario de Série noire d’Alain Corneau…), l’auteur parsème « 53 jours » de références à Agatha Christie, Flaubert, Stendhal…

« 53 jours », Georges PEREC, Gallimard, L’Imaginaire, 324 pages, 11,5 €

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Julien Coquet

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