Essais
Nos dimanches soirs avec Jérôme Garcin

Nos dimanches soirs avec Jérôme Garcin

19 décembre 2015 | PAR Jean-Christophe Mary

Doyenne de toutes les émissions de radio en Europe, « Le Masque et la plume », diffusée le dimanche soir sur France Inter, vient de fêter ses 60 ans. Avec le temps, ce programme culturel, où des critiques débattent de littérature, de cinéma et de théâtre, est devenu une émission culte

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Pour célébrer cet anniversaire, Jérôme Garcin, qui anime Le Masque depuis vingt-six ans, en raconte l’étonnante destinée sous la forme d’un abécédaire : Artisanat, Bastide, Charensol, Cinéma, Générique, Méchanceté, Polac, Tournées, Vaches, Verbatim, Xanax ou Zeugma sont autant de manières de découvrir les secrets de l’émission, de sa fabrication et de son exceptionnelle longévité. De souvenirs vivaces en portrait ces portraits amusants Jérôme Garcin porte un regard doux et raffiné sur les 35 ans qu’il a passé derrière le micro chaque jeudi soir comme on l’apprend dans l’avant propos. Car si l’émission est bien diffusée le dimanche, l’enregistement a bien lieu le jeudi soir. Ce qui permet à Jérôme Garcin d’être un auditeur spectateur « fidèle et sourcilleux » de sa propre création. De Pierre Bouteiller qui lui laisse sa place un jour d’octobre 1989 à nos jours, on pénètre dans les coulisses de l’émission culte, sorte de salon littéraire qui reste vraiment à part dans le programme radiophonique. Derrière ce côté sérieux un brin intello, on retiens le joyeux foutoir des chroniqueurs, leur mauvaise foi, leur dilettantisme mais toujours le bon mot qui fuse au détour d’une réplique cinglante. Chaque émission est construite comme une petite scène de théâtre, démarre par la lecture des lettres d’auditeurs, qui souvent anonymes, et enchaine sur la critique d’un roman, d’une pièce où d’un film. Ici tout se joue dans l’improvisation, dans la mise en scène, le débordement jusque dans les engueulades outrée de Jean Louis Bory et Georges Charensol sur un film ou un autre. Au passage, soulignons, que ces échanges musclés ces coups de gueules d’anthollogies ont d’ailleurs servis de matière première à la pièce « Instants critiques » de François Morel. On est ici dans la recherche du bon mot et tous les coups sont permis. Et peu importe que l’on ai lu ou non le livre, vu la pièce ou le film dont on parle. Au fil des pages, on se régale d’anecdotes amusantes, touchantes parfois dramatiques, de répliques cocasses, de saillies parfois méchantes digne d’un tribunal. Jérôme Garcin possède une plume légère, un ton décalé, sans ego et sans tabou. Un bel ouvrage à découvrir un dimanche après midi avant l’émission du soir.

Jérôme Garcin, Nos dimanches soirs. Grasset Radio France. 304 pages.

Visuel : couverture du livre

« Le Monte Plats » de Harold Pinter au Poche Montparnasse
La Cendrillon d’Ermanno Wolf-Ferrari à l’OnR
Jean-Christophe Mary

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