Beaux-Livres
« Douce France, d’Émile Zola à Brigitte Lahaie ». C 215.

« Douce France, d’Émile Zola à Brigitte Lahaie ». C 215.

10 février 2015 | PAR Le Barbu

« Tout comme les textes qui tissent le présent ouvrage, les portraits au pochoir exposés pendant l’été 2014 au Palais Bénédictine (Fécamp) et à la galerie Itinerrance (Paris) questionnent les fondements de ce que serait une identité collective stable et indiscutable. En guise de pied de nez à une telle notion, C215 choisit malicieusement d’en exhiber le revers, et de révéler la part de la franchouillardise dans le grand récit patriote fantasmé par le politique. La douce France de l’artiste va « de Zola à Brigitte Lahaie ». Elle charrie Jaurès et Pétain, Le Pen et Taubira, Malraux et Zidane, Bonnot et Amélie Poulain. » (Stéphanie Lemoine)

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Interview : C215 répond à Jérome Catz

Jérome Catz : Ton style a toujours été plutôt baroque, avec beaucoup de détails, d’ où cela vient-il ?

C215 : J’aime porter de l’attention aux détails, car découper des pochoirs est une activité névrotique et compulsive. Cela me détend. Plus je me concentre, plus il y a de détails. J’aime les réseaux croisés des gravures. J’aime distinguer les petites trames qui formeront mon pochoir, couche après couche.

Entretien entre C215 et Jérôme Coumet

Jérôme Coumet : « Douce France ». Le titre de l’exposition évoque un refrain connu de tous les Français : c’est à la fois une ritournelle vieille France, fleurant le « bon vieux temps », l’insouciance de l’après-guerre annonçant les 30 glorieuses […] As-tu voulu par ce titre souligner toute l’ambivalence de l’identité française : une France nostalgique, une France qui n’assume pas sa forte identité méditerranéenne, mais une France fière de ses beautés et de sa culture ?

C215 : J’ai choisi cette chanson de Charles Trenet tout d’abord parce qu’elle est l’une de mes chansons préférées. Ce livre est subjectif et partial, mais faire de Douce France le titre de cette exposition n’est pas anodin pour autant car la chanson elle-même n’est pas dénuée d’ambiguïté : composée en pleine guerre, en 1943 à Berlin par un célèbre chanteur français qui sera plus tard soupçonné, à juste titre, de collaboration soulève déjà de nombreux paradoxes, lesquels paradoxes sont, selon moi, constitutifs de l’identité française. Entre mythes et réalités, et non sans ironie, les paroles de cette chanson soulignent la difficulté de définir ce qu’est « l’esprit français ».

« Douce France, d’Émile Zola à Brigitte Lahaie » par C 215. Critères éditions, 25 euros.

Avec la participation de :

Fred Benudis, Yvan Boude, Jérome Catz, Jérôme Coumet, Jean-Marc Dumont, Jean-Toussaint Giacomo, Gwenaëlle Hamel, Benjamin Jérôme, Quentin Laurent, Stéphanie Lemoine, Bérangère Lepetit, Astrid Monet, Louis Moulin, Mathieu Pinaud

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Le Barbu
Le Barbu voit le jour à Avignon. Après une formation d'historien-épigraphiste il devient professeur d'histoire-géogaphie. Parallèlement il professionnalise sa passion pour la musique. Il est dj-producteur-organisateur et résident permanent du Batofar et de l'Alimentation Générale. Issu de la culture "Block Party Afro Américaine", Le Barbu, sous le pseudo de Mosca Verde, a retourné les dancefloors de nombreuses salles parisiennes, ainsi qu'en France et en Europe. Il est un des spécialistes français du Moombahton et de Globalbass. Actuellement il travaille sur un projet rock-folk avec sa compagne, et poursuit quelques travaux d'écriture. Il a rejoint la rédaction de TLC à l'automne 2012 en tant que chroniqueur musique-société-littérature.

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