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Marvel est-il sexiste ?

Marvel est-il sexiste ?

11 mai 2015 | PAR La Rédaction

Une fois n’est pas coutume, le Saturday Night Live a fait parler de lui avec une nouvelle parodie bien pensée. Imaginant la bande annonce d’un film Marvel avec comme personnage principal une super héroïne, le SNL dénonce avec humour la place des femmes dans l’univers des comics.

Après Thor, Captain America, ou encore Spider Man, c’est maintenant au tour de Black Widow d’avoir son adaptation cinématographique… ou presque. Marvel ne daignant pas lui consacrer un film, l’équipe du Saturday Night Live s’en est chargée. La dangereuse espionne russe devient ici stagiaire de mode et tombe amoureuse d’Ultron, le super-vilain robotique. Le scénario, clairement inspiré des « Chick Films » (« Films de Meufs ») hollywoodiens, incrimine ici la firme de ne pas laisser de place aux femmes héroïnes sinon comme potiche ou objet sexuel. Mais avant de conclure que Marvel est sexiste repenchons-nous sur son histoire.

Au début des années 40, les femmes sont les principales lectrices de la bande dessinée américaine. De ce fait de nombreuses héroïnes sont présentes sur le devant de la scène de l’ancêtre de Marvel. Comme Millie the model, toutes sont empreintes du monde réel : elles ont un travail, sont entreprenantes et ont une vie sentimentale. Avec la guerre, elles deviennent intrépides, aventurières et justicières. C’est à cette période que naissent les premières super-héroïnes cependant aucune ne seront éditées chez Marvel. Après la Seconde Guerre Mondiale, les femmes vont retrouver « leur place » après le retour des héros de la guerre. À partir de ce moment, les femmes dans les comics vont se scinder en deux groupes : les « Good Girls » d’un côté et les « Bad Girls » de l’autre. Si les premières seront des femmes au foyer, complètement dépendantes de leur mari et incapable de discernement affectif, les secondes seront des femmes fatales personnifiant la décadence et la pornographie. Les excès sexuels des « bad girls » vont conduire à la création du « Comics Code Authority », un organisme d’autorégulation chargé de veiller à l’application d’un code de bonne conduite. Cette association, avec ses règles excessivement strictes et réductrices, va ramener les femmes au second plan. Exemple frappant avec Susan Storm, la première super héroïne « Marvelienne », qui sera invisible – réglant ainsi le problème de la représentation de son physique. Avec la révolution sexuelle, de nouvelles héroïnes vont apparaître tandis que d’autres vont voir leur destin changer et prendre de l’ampleur. Dans les années 90, nouvelle régression de la représentation de la femme dans le comics qui sera le plus souvent montrée dans des poses lascives et hypersexuelles.

Aujourd’hui les femmes sont plus présentes dans les comics et les films mais ne parviennent toujours pas à s’imposer sur le devant de la scène chez Marvel, la firme considérant toujours que ses spectateurs sont majoritairement des hommes et ne s’aventure à publier des comics, dont le personnage principal est une femme qu’en version numérique.

Se refusant à investir dans du papier pour imprimer un comics, il semble aujourd’hui peu probable que la firme dépense des millions de dollars dans une grosse production cinématographique.

Lorraine FORSANS

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