Cinema
Your sister’s sister, la critique: comédie dramatique pleine de vie et de ressenti

Your sister’s sister, la critique: comédie dramatique pleine de vie et de ressenti

13 septembre 2012 | PAR Gilles Herail

[rating=4]

Portée aux nues par la critique américaine, Your sister’s sister mérite sa bonne réputation. Cette chronique familiale et amicale surprenante crée un beau sentiment d’intimité et se révèle étonnament drôle. Un coup de maitre, et de coeur.

Synopsis. Jack n’arrive toujours pas à se remettre du décès de son frère survenu un an auparavant. Sa meilleure amie, Iris, lui propose de se retirer pendant une semaine dans le chalet isolé de son père. A son arrivée il est surpris de rencontrer Hannah, la soeur d’Iris, qui est déjà sur place pour une raison similaire : elle vient de mettre un terme à sept ans de relation conjugale. Franck et Hannah finissent par se rapprocher autour de quelques verres de tequila. Lorsqu’Iris arrive sur place pour une visite surprise, elle déclenche une série de révélations pour le moins inattendues.

Cette comédie dramatique anglo-américaine emprunte à la proximité et au naturalisme de Mike Leigh et notamment d’Another Year qui aimait contempler les échanges, les repas, les coups de gueule et les fous rires d’une troupe de personnages névrosés. Mais Your sister’s sister semble moins écrit, moins artificiel. Avec une émotion et un naturel plus frais, moins dirigé. Tout commence par une scène pas évidente, qui indique clairement la direction du film. Une grande drôlerie entrecoupée par des ruptures de ton dramatiques inattendues. Installant sans grand effet une véritable atmosphère d’intimité et de complicité avec les personnages.

Le film regorge de ces scènes d’apparence toute simple. Des discussions qui prennent des tours moins balises, dérapent ou filent vers l’absurde. Grâce à des personnages attachants et très intelligemment écrits. Cette soeur faussement distante, mystérieuse. Toujours à la limite entre l’ironie et les larmes, la douceur et la dureté. Ce trentenaire brisé par la mort de son frère, mélancolique mais au petit grain de folie salvateur. Le personnage d’Emily Blunt réunit ce trio en reconstruction, qui nous embarque immédiatement. Avec une impression instantanée de familiarité. La comédie s’autorise des passages plus burlesques et des quiprocos dignes de vaudevilles. Mais c’est dans les moments les plus improvisés, notamment dans les scènes alcoolisées que l’on rit le plus.

Your sister’s sister ne faiblit qu’à quelques instants, notamment vers la fin du film, où l’émotion forcée casse la belle dynamique. Trop écrites, trop dialoguées, démonstratives, ces scènes tranchent avec la singularité du reste. La dernière image, malicieuse, nous réconcilie avec ces personnages que l’on a tant aimé aimer. Le film remporte un des paris les plus difficiles au cinéma. Celui de la crédibilité, de la simplicité, et de l’évidence des personnages. On se sent aussi bien dans cette maison un peu paumée qu’avec la famille du Premier jour du reste de ta vie. Où l’on vit, rit et s’émeut avec les personnages. Joli bout de pellicule.

Gilles Hérail

Your sister’s sister, une comedie dramatique de Lynn Shelton avec Emily Blunt, Rosemarie De Witt et Mark Duplass, duree 1h30, sortie en 2013


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