Cinema
Week-end du fantastique de Strasbourg : les courts internationaux

Week-end du fantastique de Strasbourg : les courts internationaux

21 septembre 2020 | PAR Simon Théodore

Malgré les circonstances exceptionnelles liées à la crise sanitaire, le festival européen du film fantastique de Strasbourg a tenu à conserver de nombreux éléments composant sa formule principale. Aux côtés de longs métrages, une sélection de courts internationaux était donc présentée durant ce premier week-end.

En présence des réalisateurs, deux courts français ouvraient la séance. Dans Nuage, un film de 28 minutes de Joséphine Darcy Hopkins, le spectateur suit deux adolescentes, Eugénie et Capucine accompagnées de la mère malade de cette dernière, fuyant un nuage radioactif. Parfois ennuyeux, avec des dialogues peu intéressants dans la première moitié du film, ce court métrage manque, malgré un thème intéressant et une atmosphère lourde et pesante, parfois de subtilité. Dans un tout autre registre, dominé par l’absurde cette fois, Choulequec de Matthias Girbig et Benoit Blanc met en scène Lucas Lesol, parti à la recherche de sa fille. Arrivé dans un petit village, il rencontre le shérif local chargé de faire respecter des lois étranges comme l’obligation de porter des palmes… L’absurdité des dialogues provoquent le rire mais, en fin de projection, le surplus de situations irrationnelles provoque une certaine lassitude. Certains éléments de mise en scène rappellent également des sketchs disponibles sur Youtube, monde dans lequel Matthias Girbig a officié durant plusieurs années. Le court est d’ailleurs à découvrir dans son intégralité sur la plateforme vidéo…

Un court métrage macédonien était également projeté. Dans Sticker de Georgi M. Unkovski, un père de famille part assister au spectacle de sa famille mais, à la suite d’un quiproquo avec des policiers et d’un problème d’immatriculation, celui-ci va être pris dans la spirale infernale d’une véritable mauvaise journée. Certaines situations se révèlent prévisibles mais l’acteur principal parvient à transmettre de véritables émotions lorsqu’on l’accompagne dans ses malheurs. Quant à The Fall de Jonathan Glazer, il s’inspire d’une gravure de Francisco Goya pour évoquer la cruauté qu’il est possible d’infliger à un homme. Le film trouve surtout son intérêt grâce à son esthétique sinistre.

Déjà connu des amateurs de l’étrange, Yórgos Lánthimos (The Lobster), met en scène Matt Dillon (The House that Jack Built) dans Nimic. À la suite d’une mauvaise rencontre, son personnage se retrouve coincé dans un quotidien cyclique. L’idée est belle, interprétée par de bons comédiens et le qualificatif d’ « étrange » est probablement le meilleur pour définir ce projet. Enfin, sous la forme du film d’animation, Sh_t Happens revisite un épisode célèbre de la Bible. Même si l’esthétique rappelle des livres et autres dessins animés pour enfants, Michaela Mihályi et David Stumpf proposent un film pour adulte drôle et pertinent.

En somme, au regard des éditions précédentes, la sélection présentée en 2020 manquait quelque peu de films percutants et véritablement immersifs. Néanmoins, il faut tout de même signaler la volonté de proposer des projets variés, parfois originaux, dévoilant ainsi la richesse de cette forme de cinéma qu’est le court métrage.

Visuel : © Affiche du festival.

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Simon Théodore

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