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Vous reprendrez-bien une tasse de Vivienne Westwood ?

Vous reprendrez-bien une tasse de Vivienne Westwood ?

22 septembre 2020 | PAR Lou Baudillon

Après son exposition à succès dédiée à Yves Saint Laurent l’année dernière, le musée des tissus de Lyon poursuit son ascension vers une politique de commissariat plus audacieuse et plus ambitieuse. Pour preuve cette exposition entièrement dédiée à la créatrice anglaise Vivienne Westwood : Art, mode et subversion. À voir jusqu’au 17 janvier 2021.

À l’origine de l’exceptionnelle collection, un homme : Lee Price, collaborateur des débuts de la créatrice et fervent collectionneur de pièces de mode. Une collection de près de 200 pièces, vêtements, bijoux, sacs, chaussures, allant des débuts de la carrière de Vivienne Westwood à ses créations contemporaines. L’exposition met à l’honneur ces trésors en une scénographie orchestrée par thématiques. Et si la déambulation se veut chronologique, cet aspect habituel ne minimise en rien la quête de réflexion. Au-delà de la démonstration, l’exposition Vivienne Westwood, Art, mode et subversion se réinvente au fur et à mesure et invite à un véritable échange entre les pièces de mode, celle du musée et le visiteur. La scénographie met un point d’honneur à conserver une qualité indéniable, bien que l’on puisse regretter l’absence de la touche d’excentrisme et de confusion qui aurait agréé magnifiquement aux travaux exposés. 

À l’image des œuvres de Vivienne Westwood, la démarche de l’exposition laisse la place au mélange des genres et des styles. Sont présentes des pièces de la collection du musée mises en lien avec les vêtements, soulignant ainsi les inspirations diverses et les jeux de réappropriation. Cela commence par les premiers instants du Punk. Vivienne Westwood fut l’une des pionnières de la mode Punk et la styliste des Sex Pistols, soufflant un vent rebelle et provocateur sur toute une génération. Viennent les premières collections et les premiers défilés. Influencée par son époque, mais aussi par des imaginaires divers, la créatrice commence ce jeu d’inspiration excentrique qui va la suivre pendant une grande partie de sa carrière. Exit le Punk qu’elle trouve désormais dénué de toute réflexion, c’est dans son amour des musées et des vestiaires historiques que Vivienne Westwood va puiser ses nouvelles inspirations. Une grande partie de l’exposition est dédiée à ses amours pour les références au 18e siècle français puis pour les esthétiques classiques British. Des corsets aux tweeds réinventés, des arts décoratifs français au traditionnel Tartan à sa propre sauce, ces objets de mode sont exposés avec tout ce qu’ils comportent de malice et de subversion. C’est un univers frénétique qui se dévoile et qui s’admire dans un éclatement de couleurs, de styles et d’inventions. 

Plus contemporains, les derniers espaces de l’exposition nous plongent plus intimement dans la fécondité créatrice de Vivienne Westwood. Ces recherches effrénées, cet humour et cet attachement aux symboles font le portrait d’une artiste autodidacte, irrévérencieuse et engagée, une véritable reine des défilés qui récemment s’est retrouvée dans les combats pour la défense de la culture, des droits humains et de l’écologie. Quelques pièces, très contemporaines, attestent de cela et montrent la continuité de la lutte, comme un demeurant de l’anticonformisme Punk dont le cœur bat toujours aujourd’hui à travers Vivienne Westwood. 

 

Visuels :

©Affiche officielle de l’exposition ©Lyon, musée des Tissus, Pierre Verrier

Vivienne Westwood, défilé World Wide Woman, automne-hiver 2011-2012 Paris, mars 2011© Guy Marineau

 

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