Cinema
Source Code, variation sur le thème du voyage dans le temps

Source Code, variation sur le thème du voyage dans le temps

19 avril 2011 | PAR Vincent Brunelin

Après Moon, une petite pépite SF qui n’avait malheureusement pas bénéficié d’une sortie française, Duncan Jones décline un univers et des thèmes similaires cette fois dans le cadre d’une grosse production hollywoodienne. Il livre certes un honnête blockbuster mais qui n’a ni l’âme, ni le charme de son premier essai. Sortie en salles le 20 avril.

Synopsis : « Colter Stevens se réveille en sursaut dans un train à destination de Chicago. Amnésique, il n’a aucun souvenir d’être monté dedans. Pire encore, les passagers du train se comportent avec lui avec familiarité alors qu’il ne les a jamais vus. Désorienté, il cherche à comprendre ce qui se passe mais une bombe explose tuant tout le monde à bord… »

Duncan Jones a de qui tenir. Fiston de David Bowie, le réalisateur britannique a du talent et de l’avenir, c’est indéniable. Il le démontrait dès son premier long métrage, Moon (2009), un huis clos métaphysique bluffant, impressionnant de sobriété et digne héritier du 2001 de Kubrick ou de Solaris. Hollywood lui fait alors les yeux doux mais après avoir décliné de multiples propositions, c’est finalement Jake Gyllenhaal, choisi pour interpréter le rôle principal, qui convainc les producteurs de l’engager sur le projet Source Code. La question était donc de savoir comment il allait se sortir de l’exercice piégeux que représente un film de commande.

Le résultat s’avère mitigé. En effet, si l’ensemble se révèle relativement efficace et enlevé, on ne peut s’empêcher d’être déçu quand on connaît le potentiel du bonhomme. La patte du réalisateur se fait quand même sentir par intermittence et on retrouve les thématiques qui lui sont chères : la quête d’identité, le sacrifice et l’isolement de l’individu face au système ou encore la manipulation psychologique. Auxquelles il faut ajouter un des thèmes récurrents dans le cinéma américain ces dernières années, à savoir la menace terroriste, l’ennemi venant ici de l’intérieur. S’appuyant sur une intrigue assez basique et une structure répétitive qui voit un soldat projeté dans le corps d’un inconnu afin de déjouer un attentat, Duncan Jones revisite le voyage dans le temps sous la forme d’une course contre la montre échevelée (le héros ne possède à chaque fois que 8 minutes pour assurer sa mission). On pense inévitablement à Un jour sans fin et à la série Code Quantum.

Comme pour Moon, le film se déroule presque dans une seule unité de lieu, en l’occurrence un train. La première demi-heure, sans aucun doute la plus réussie, intègre les codes des classiques du suspense. Mise en scène tendue, musique haletante, et même une petite dose d’humour qui n’est pas sans rappeler des manières hitchcockiennes. Même si l’interprétation de Jake Gyllenhaal n’atteint pas l’intensité d’un Sam Rockwell, la distribution tire son épingle du jeu à l’image de la remarquable Vera Farmiga. Mais bizarrement, là où Moon constituait un tour de force, le film pêche par sa tournure mentale et réflexive trop démonstrative, sans doute handicapé par le budget conséquent et les contraintes de la production. De là à admettre l’adage « on fait mieux avec moins », il n’y a qu’un pas…


Source Code, de Duncan Jones, avec Jake Gyllenhaal, Michelle Monaghan, Vera Farmiga
France, USA, 1h33, Science Fiction, Thriller
En salles le 20 avril 2011

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Vincent Brunelin

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