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True Detective saison 2, réussite ou déception ?

True Detective saison 2, réussite ou déception ?

24 juin 2015 | PAR La Rédaction

L’année dernière la tenait le monde en haleine et passionnait la presse et le public. Le lendemain de la diffusion d’un épisode, l’intrigue et le duo Cohle et Hart étaient dans toutes les bouches et dans tous les journaux. Annoncé comme la nouvelle série événement de l’année 2014 par la majorité des médias aux critiques dithyrambiques, OCS et Canalsatellite ont dévoilé hier à la presse le début de la saison 2. La diffusion a lieu chaque lundi à 20h50 sur OCS.

Pour cette nouvelle saison on reprend tout à zéro. Tout. Adieu Mc Conaughey, Harrelson et Monaghan, est bien venu à Farrell, Vaugh et Mc Adams. Adieu la Louisiane, ses marécages et la religion, bonjour la Californie, son désert et ses autoroutes.
À l’instar de la saison 1, il ne faut pas beaucoup de temps pour comprendre qu’est réexploité ici le filon de l’homme torturé et dépressif, une complexité psychologique qui avait fait le succès de la précédente saison. Ray Velcoro d’abord, flic aux yeux de cocker perdus sous les poches accumulées par des années de nuits troublées par une sombre histoire de vengeance autour du viol de sa femme. Pour se faire justice, il a fait appel à Semyon… un mafieux de la ville qui tente de blanchir son argent sale à travers son casino, et en finançant un projet de TGV. À ce duo dont on perçoit déjà une relation d’interdépendance et de violence, s’ajoutent deux jeunes flics qui entrent en scène afin d’enquêter sur le meurtre de Ben Caspere, un élu local de la petite ville industrielle de Vinci, censé approuver le projet de notre mafieux.
L’enquête démarre rapidement après un premier épisode qui peine un peu à imposer un rythme et une ambiance. La première saison a, il faut le dire, fixer nos attentes au plus haut. En réussissant à conjuguer complexité de l’enquête, de la psychologie des personnages et de la réalisation par un jeu de flash back sans fin, il semble que cette deuxième saison peine à atteindre le niveau de la précédente. On y retrouve certes des personnalités aux failles multiples et empreintes de violence, mais la symbiose du duo Hart et Cohle qui a tant caractérisé la première enquête, peine à se retrouver dans ce quatuor. La suite de la saison nous dira si le temps va permettre au quatuor de trouver son énergie et son équilibre.
Côté réalisation, Gary Fukunaga laisse sa place à Justin Lin (Fast and Furious). S’il subsiste quelques plans à la photographie bien pensée, il n’égale pas la justesse et la finesse de ceux de Gary Fukunaga. De la même façon, la seconde saison fait le choix d’une lumière plus diffuse et rompt avec le choix graphique d’un filtre très fort allant de la plus grande noirceur à quelques rayons de lumière, qui avait tant marqué l’image de la série. Cela crée une ambiance plus plate, qui correspond au choix du décor, du bayou fantasmagorique de la Louisiane, à l’asphalte impersonnel de la Californie. La réalisation déçoit d’autant plus que HBO nous avait fait languir avec un générique des plus léchés, et aux choix esthétisants des plus osés. Seule chose qui reste de ce générique, la bande originale de la série qui reprend le soft jazz, les voix graves et l’ambiance vieux club de fumeur de Havane qui nous avait tant marqués avec Léonard Cohen comme fond sonore du générique.

Après le visionnage de ce premier épisode, difficile de porter un jugement péremptoire sur ce qui reste à découvrir de True Détective saison 2. Mais la première saison ayant tellement repoussé le champ des possibles de la série policière, il faut dire que nos attentes sont certainement dures à contenter désormais. C’est cependant le défi auquel HBO et Pizzolatto (l’auteur de la série) ont décidé de se frotter en signant pour une anthologie.

Lorraine Forsans

visuels : courtesy / ocs

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