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« Top of the lake » : nouvelle saison toute en mesure et en style à Cannes [Cannes 2017, Hors Compétition]

« Top of the lake » : nouvelle saison toute en mesure et en style à Cannes [Cannes 2017, Hors Compétition]

31 mai 2017 | PAR Geoffrey Nabavian

Désireuse de compter dans ses rangs Jane Campion, lauréate de la Palme d’or ex-aequo en 1993 pour The Piano (La Leçon de piano en français), la 70e édition de Cannes a convié la réalisatrice et toute l’équipe avec qui elle travaille a présenter l’intégralité de la Saison 2 de la série à succès, dont elle est co-créatrice. Pour une durée de pas loin de six heures… On a pu voir les deux premiers épisodes de ce voyage, qui en compte six. Et on a goûté leur forme subtile, qui sait faire dans la mesure…

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Même sans avoir vu la Saison 1 de Top of the lake, série à succès, on a grandement apprécié les deux épisodes qu’on a pu voir lors des projections organisées à Cannes 2017. Tout commence, une fois n’est pas coutume, par un crime. Sur une plage, une valise contenant le corps d’une jeune femme est découverte. Deux enquêtrices très peu communes partent sur le coup, pour affronter leurs démons, et leurs difficultés personnelles, par la même occasion…

La réalisation de Top of the lake affiche un style certain : scènes d’enquête et passages psychologiques sont traités avec la même étrangeté, le même tempo mesuré, sous la même lumière, élégamment grise. La bizarrerie, elle, se manifeste sans trop en faire : on garde en mémoire une tentative de mariage à travers les grilles d’une prison, au début de l’Épisode 2, notamment… Précédée par une longue scène intense de préparatifs, dans un décor marquant, puis d’une arrestation… Même présentés le temps de fugaces instants, les personnages – tels ce fiancé en perdition, dans la fuite – arrivent à être forts. Et l’arrière-plan socio-politique, la description de quelques points de la société australienne, trouve une place juste, sans être trop appuyée. On garde en tête les belles et tristes séquences dans la maison de prostitution, avec ce jeune à la recherche d’une travailleuse précise, disparue…

Les performances des actrices, enfin, laissent ébahi : Elisabeth Moss, splendide – et remarquée aussi à Cannes 2017 dans The Square – et Gwendoline Christie – Bienne dans Game of Thrones – aussi drôle que troublante, accrochent tout de suite. Elles éblouissent par leur étrangeté, et participent, par leur jeu et leur physique, à l’atmosphère bizarre qui se déploie… Elisabeth Moss, déjà héroïne de la Saison 1, surtout, toujours à vif, en robe de mariée comme en uniforme d’enquêtrice, éblouit… Si on décroche le temps de certaines scènes psychologiques, il n’en reste pas moins que l’univers fort, et la capacité de la série à passer d’un registre à l’autre, fascinent.

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Visuel : © Sundance TV

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale.Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub.Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival.CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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