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Narcos saison 3: le triomphe sans Pablo

Narcos saison 3: le triomphe sans Pablo

02 septembre 2017 | PAR Donia Ismail

Netflix, usine de séries. Alors que certaines n’ont pas été reprogrammées, l’une des toutes premières de l’empire de la VOD américain, Narcos, revient avec une saison 3 aussi palpitante que les précédentes.

Narcos revient et dès les premiers épisodes, un vide se fait sentir: celui de Pablo Escobar, interprété brillamment pendant deux ans par le brésilien Wagner Moura. Un regard troublant, un jeu d’acteur impressionnant et un charisme qui ont su charmer le public du monde entier. Escobar mort (dernier épisode de la saison 2), la saison 3 ne verra pas le narco trafiquant de Medellin à son casting. José Padilha, le réalisateur, nous avait pourtant prévenu. Narcos n’est pas un biopic sur l’homme de Medellín, devenu ennemi numéro 1 des Américains, mais un drame, aux allures de documentaire, sur l’histoire global du traffic de cocaïne en Amérique. Mais n’en déplaise à Padilha, en dénichant cette pépite qu’est Wagner Moura, il est difficile pour les spectateurs d’imaginer un avenir sans Pablo Escobar. Narcos pouvait-il revenir en force? En faisant oublier les stigmas de Wagner Moura? Réponse dans le troisième volet.

 

« Cali ressemblait à l’Union soviétique, avec du beau temps »

 

Les notes suaves du générique retentissent, et on se sent comme transporté illico presto en Colombie — il faut rendre à César ce qui est à César et admettre que ce theme song est un des éléments qui rend Narcos si addictif.
La mort de Pablo Escobar est encore fraîche. L’intrigue quitte Medellín, et se concentre sur le cartel de Cali, troisième ville de Colombie. À sa tête, quatre associés, dont les visages et les noms sont connu des aficionados de Narcos. Préférant la discrétion au bruit, contrairement à Pablo Escobar qui lui faisait clairement entendre qu’il était présent, le cartel de Cali a pu prospérer rapidement et dans le plus grand secret. Les frères Rodriguez, leader de toujours du cartel colombien, préfèrent la surveillance et la corruption: « Cali ressemblait à l’Union soviétique, avec du beau temps », explique l’agent Javier Peña (de retour sans son acolyte Murphy).
Promu, celui décrit comme le héros qui a permit la chute du Jefe Escobar, Peña se donne pour mission de réduire en miette un empire dont la richesse est comparable à une société du CAC 40. Une ombre au tableau: les quatre associés ont accepté de signer leur reddition au gouvernement colombien dans six mois. Qu’est-ce qu’ils gagnent? Une peine minimale et l’assurance que leurs comptes resteront pleins. C’était sans compter l’acharnement de l’agent Peña…

Narcos est une encyclopédie

Une intrigue autour d’un cartel beaucoup moins connu que celui de Medellin avec des protagonistes moins charismatiques que Wagner Moura, voilà un défi conséquent, que Padilha a relever avec brio ? La série tarde à décoller. On se sent frustré, comme Peña, coincé entre quatre murs par l’administration Clinton, décidé à ne pas réitérer les erreurs du passé. Mais les choses bougent au fur et à mesure, et c’est lorsque que les dessous du système de Cali apparaissent clairement, que l’intérêt du spectateur se déploie. Car ce qui fait de Narcos une série si addictive, autre que l’écriture qui est remarquable, c’est son côté documentaire. Chaque scène est entrecoupée d’images d’archives, permettant au spectateur de s’approcher, de saisir alors clairement le mécanisme de ces leaders de la cocaïne. On a l’impression d’être un étudiant face à un cours: blanchiment d’argent, liste Clinton ou encore trampoline mexicain, Narcos est une encyclopédie.

La recette de Narcos continue son effet: courses poursuites, explosions, musiques latines envoutantes, meurtres en tout genre, ce perpétuel jeu du chat et de la souris qui en devient addictif… On est pris dans un cercle vertigineux. On vit les scènes, les ressent à travers la Colombie… Une quête qui nous semble nous mener en Amérique Centrale. On comprend alors que la traque de Pablo Escobar n’était qu’un fragment d’histoire…

Visuel : Netflix. 

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Donia Ismail

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