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La théorie du Y : Représentation de la bisexualité et réforme des clichés

La théorie du Y : Représentation de la bisexualité et réforme des clichés

06 juin 2017 | PAR Hakim Akcha

Découverte : La Théorie du Y, une toute jeune websérie imaginée par Caroline Taillet et Martin Landmeters et réalisé par RTBF traitant de la bisexualité – une orientation sexuelle encore invisibilisée et caricaturée – est disponible sur Youtube. 

C’est suite au flagrant manque de représentation et de connaissance de la communauté LGBT et plus particulièrement des personnes bisexuelles par le grand public que Caroline Taillet décide d’écrire, dans le cadre de son projet de fin d’étude à l’Institut des Arts de Diffusion (IAD) de Bruxelles, une pièce de théâtre intitulée La Théorie du Y. Cette dernière est jouée pendant deux ans dans la capitale belge lorsqu’elle est choisie parmi d’autres scénarios, dans le cadre d’un concours organisé par la cellule Webcréation et Transmédia de la RTBF (Radio-Télévision Belge de la communauté Française) pour être adaptée sous le format d’une web-série en 2016.

La web-série fait sa première apparition sur les écrans lors du festival Séries Mania, le 19 avril 2017 et est arrivée sur Youtube dès le 20 avril de la même année. Cette dernière ne compte, à l’heure d’aujourd’hui, qu’une seule saison composée de dix épisodes (plus le pilote).

L’intrigue se focalise sur le personnage d’Anna – interprétée par Léone François – une jeune femme de 24 ans travaillant dans une galerie d’art et en couple avec Matteo – joué par Colin Javaux. Cette dernière semble lasse de son couple et s’ennuie du manque d’originalité de sa vie sexuelle et amoureuse. Parti pour aller déjeuner chez ses parents, le couple se dispute et Anna termine seule dans un bar – semble-t-il LGBT+ – où elle fait la connaissance de Claire (Ophélie Honoré). Au fils de la série, Caroline Taillet et Martin Landmeters décrivent avec Anna un personnage perdu et désemparé face à la fluidité de ses attirances sexuelles et amoureuses. La Théorie du Y est ainsi une série de la découverte – et même de la recherche – de soi, d’une identité et d’une appartenance à un groupe.

La Théorie du Y s’attache particulièrement à réformer la vision générale – souvent très caricaturale et véhémente – de la bisexualité dans nos sociétés mais également au sein même de la communauté LGBT+. En effet, comme Caroline Taillet affirme dans un article de Libération « Dans la communauté LGBT, il y a parfois un sentiment de traîtrise vis-à-vis des bis. C’est une zone grise où l’on est accusé de profiter de chaque côté et de devoir choisir son camp« .

Au delà de la volonté de réformer, l’idée est également d’informer, de représenter et surtout de montrer que les personnes bisexuelles – au même titre que la bisexualité en tant qu’orientation sexuelle – existent. En résumé, Caroline Taillet explique « qu’avant de représenter des personnes bies pour qui l’orientation sexuelle n’est pas un problème, il faut déjà montrer que cela existe.« . Cette invisibilisation généralisée des personnages queers et LGBT+ dans les films et les séries est le résultat d’une propagande anti-homosexuel.le.s hollywoodienne appelée BuryYourGay – toujours symboliquement présente aujourd’hui – qui interdisait la représentation des personnes non-hétérosexuelles auquel cas, elles devaient connaître une fin violente et douloureuse.

Enfin, cette série arrive à point nommé. En effet, cette semaine, Netflix a annoncé que deux de ses programmes réunissant le plus de personnages racisés et queers, à savoir Sense8 et The Get Down, ne seraient pas renouvelés pour de nouvelles saisons.

Crédits : © RTBF.

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