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La Fémis se met aux séries TV

La Fémis se met aux séries TV

19 juillet 2015 | PAR Elodie Schwartz

Depuis maintenant un an, la Fémis, Ecole Nationale Supérieure des métiers de l’image et du son, propose aux étudiants une section « création séries TV ». Un parcours quai unique au monde qui devrait permettre à la France d’entrer dans la course…

Devant l’engouement suscité par les séries ces dernières années, la Fémis, prestigieuse école de cinéma, a lancé en 2013 un cursus, d’une durée d’un an, dédié à la formation de scénaristes spécialisés dans l’écriture de séries. Un choix audacieux puisqu’il n’existe que deux formations de ce type dans le monde : à « Cologne et à Los Angeles », rapporte L’Obs. La création de ce département spécifique à la Fémis, d’où sont notamment sortis Arnaud Desplechin, Thomas Cailley ou encore Eric Rochant, est l’occasion pour la France de « palier à son retard » et de proposer des séries « d’une qualité incontestable, le temps que les mécanismes se mettent en place », explique au Monde Marc Nicolas, directeur de l’École. Pour Judith Louis, ex-présidente de la fiction d’Arte qui présidait le jury du concours de la formation, l’ouverture de cette section est « la reconnaissance du genre, le signe fort que la création est aussi à la télévision » et est « une réponse à un réel besoin de la profession ».

Des apprentis scénaristes

La formation de la Fémis est dispensée par des professionnels (scénaristes, diffuseurs, producteurs). Durant un an, les dix étudiants sélectionnés sur concours travaillent, avec leurs auteurs, sur des séries existantes comme Section de recherches (2006). « Les apprentis scénaristes profitent aussi d’un voyage d’études à New York et Hollywood pour rencontrer des créateurs anglo-saxons », précise Télérama. Côté financement, l’École perçoit « 250.000 euros tous les ans du Centre national du Cinéma et de l’Image animée. Auxquels s’ajoutent 100.000 euros débloqués par TF1, France Télévisions et Canal+ pour financer la réalisation des trois meilleurs pilotes de la promo de l’année », déclare le directeur.

Quatre projets retenus par des producteurs

Comme au Conservatoire Européen d’écriture audiovisuelle, chaque étudiant écrit durant sa formation un projet de série originale. Les trois meilleurs d’entre eux font ensuite l’objet d’un épisode pilote projeté à la fin de l’année. « Robin de Maxime Caperan et Thomas Finkielkraut (un 3?×?52 minutes qui mêle superhéros et bassins industriels), Mère agitée de Maxime Berthemy (comédie aux frontières de la sitcom sur une mère célibataire) et Irresponsable de Frédéric Rosset (comédie aussi, chevillée à un personnage d’adulescent de retour dans sa ville d’origine et contraint d’y faire tardivement face à ses responsabilités) », sont les trois meilleurs projets de cette année dévoilés par Les Inrocks. Quatre autres, dont les titres ne sont pas connus, auraient déjà été « optionnés par des producteurs ».

Quel avenir pour les séries en France ?

Il y a quelques années, on pouvait encore croire que les séries étaient typiquement américaines ou anglo-saxonnes. Mais d’autres pays, dont la Suède, le Danemark ou Israël, ont montré leur savoir faire en matière de séries à l’exemple de Borgen, Real Humans ou encore Hatufim. La France compte elle aussi se démarquer grâce à cette nouvelle formation qui devrait effacer la crainte existante face aux auteurs français. Le directeur est d’ailleurs très confiant et optimiste. « On a déjà aligné toutes les erreurs possibles, cela ne peut que s’améliorer. On sent bien que tout le monde en a conscience, si bien qu’à l’horizon de cinq ans nous aurons en France des séries d’une qualité incontestable, le temps que les mécanismes se mettent en place. Il nous manque encore, outre les pilotes, de créer des séries en quantité. Réaliser beaucoup plus de séries permettra de mettre fin à la crainte de l’échec » conclut Marc Nicolas. Mais après un an seulement d’expérimentation, il est encore « prématuré d’analyser les retombées pour la profession ».

Visuel : © Jean-Jacques Bouhon

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Elodie Schwartz

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