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Rencontre avec Laure Calamy, pour la sortie d’Un Monde sans femmes

Rencontre avec Laure Calamy, pour la sortie d’Un Monde sans femmes

30 janvier 2012 | PAR Olivia Leboyer

Le 8 février sort en salles Un Monde sans femmes, un merveilleux premier film réalisé par Guillaume Brac. Laure Calamy y joue Patricia, une jeune mère en vacances pour une semaine avec sa fille d’une vingtaine d’années (Constance Rousseau) à Ault, en Picardie. Mère et fille peuvent aisément passer pour deux copines. Le comportement de Patricia, spontané, rieur et léger, ajoute à cette confusion innocente, mais qui risque de créer des complications ! La jeune femme suit son instinct, dit ce qui lui passe par la tête et s’adresse aux hommes avec un naturel évidemment troublant. Pour Sylvain (Vincent Macaigne, extraordinaire d’émotions contenues), qui leur a loué l’appartement, la rencontre avec ces deux jeunes femmes a quelque chose d’étourdissant. Habitué à sa solitude, Sylvain se voit soudain entraîné pour quelques jours dans un tourbillon de sentiments déroutants. Patricia, quant à elle, ne calcule pas et profite des vacances en toute liberté. Regarder un homme dans les yeux, lui faire un compliment, Patricia le fait sans arrière-pensées. Ouverte, pleine de vie, Patricia a sans doute des failles, qu’elle a la politesse de cacher, préférant suivre la pente d’une liberté assumée.

En rencontrant Laure Calamy, on retrouve à l’identique la fraîcheur et la spontanéité du personnage de Patricia (dans le film, elle porte d’ailleurs les vêtements de sa propre garde-robe !) Un sourire lumineux, de grands yeux verts, un air juvénile, la jolie Laure Calamy a quelque chose de rayonnant et de très séduisant. Dans son parcours et ses choix d’actrice, le même élan et la même absence de calcul. Après le Conservatoire, elle a joué dans de nombreuses pièces, le plus souvent contemporaines et audacieuses.
Cette année, on l’a vue sur scène dans la formidable pièce de Vincent Macaigne, Au moins j’aurai laissé un beau cadavre (sensation du festival d’Avignon, puis à Paris au Théâtre de Chaillot et à présent en tournée) où elle campe une Gertrude (mère d’Hamlet) affriolante et débridée. Dans ce rôle, elle n’a peur de rien, ni de la puissance des répliques, ni d’être nue sur scène, ni de se jeter dans le trou plein d’eau boueuse qui figure la tombe de son époux.
Au prochain festival de Clermont-Ferrand, on pourra découvrir un moyen métrage de Vincent Macaigne, Ce qu’il restera de nous, sur une histoire d’héritage familial opposant deux frères (Laure Calamy joue la femme de l’un d’eux). On a hâte de le voir !
Après avoir beaucoup joué au théâtre, Laure Calamy prend également beaucoup de plaisir à tourner. Dans le téléfilm d’Alain Guiraudie, On m’a volé mon adolescence (en 2008), puis dans Bancs Publics (Versailles Rive Droite) de Bruno Podalydès (2009), où elle était à la caisse d’un magasin de bricolage, aux côtés d’une pléiade d’acteurs (Benoît Poelvorde, Denis Podalydès, Catherine Deneuve, Josiane Balasko, etc). Un tournage à l’ambiance fabuleuse pour un film singulier et cocasse, très réussi ! Prochainement, on la verra dans un court-métrage de Thomas Bardinet, Superdog, où elle incarne une mère en deuil.

Dès le 8 février, foncez découvrir Laure Calamy dans Un Monde sans femmes, où elle est renversante de naturel et de séduction ! (le film lui a déjà valu 3 prix d’interprétation : aux festivals de Belfort, de Pantin et au Festival Silhouette, voir notre critique).
A la rentrée (du 10 octobre au 10 novembre), elle sera de nouveau sur les planches, dans Modèles, une pièce sur la construction de la féminité mise en scène par Pauline Bureau, au théâtre du Rond-Point.

Un monde sans femmes, de Guillaume Brac, France, 58 minutes (précédé du court-métrage Le Naufragé, 25 minutes, avec Vincent Macaigne et Julien Lucas), avec Vincent Macaigne, Laure Calamy, Constance Rousseau, Laurent Papot. Sortie le 8 février 2012.

Photo : Guillaume Allard.

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Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

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