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Paris Cinéma : Nuits de Chine

Paris Cinéma : Nuits de Chine

30 juin 2012 | PAR Ariane Kupferman Sutthavong

Les cinéphiles, armés de café, ont passé une nuit à Hong Kong grâce à Paris Cinéma. Pour le lancement de sa dixième édition, le festival, petit frère de Cannes, a fait fort : la première française du dernier film de Johnnie To, La Vie Sans Principe, présenté par son réalisateur himself.

L’ouverture officielle de Paris Cinéma s’est toutefois tenue la veille : c’est la projection de Holy Motors, le 28 juin au Gaumont Opéra qui a inauguré l’édition 2012 pour quelques happy few. Charlotte Rampling, présidente du festival ainsi que la petite bombe australienne Kylie Minogue et le comédien fétiche de Carax, Denis Lavant  – tous deux à l’affiche du film – ont électrisé la salle. Mais la star de cette ouverture fut sans conteste le réalisateur lui-même, Leos Carax, qui signe un retour très applaudi (lire notre critique de Holy Motors à Cannes). L’adjoint à la culture de la Mairie de Paris Christophe Girard, présent également, a commenté cette ouverture  : « Il est magnifique qu’un festival de cinéma d’art et d’essai, de création ait pu, au fil du temps, s’installer et qu’il soit toujours là dix ans plus tard ». Selon M. Girard, que la ville ait son propre Festival est la preuve que « Paris est la capitale du cinéma ».

Pour son anniversaire, et pour l’ensemble de ses fidèles spectauers le festival a vraiment ouvert ses portes vendredi 29 juin. Et les riches propositions de Paris Cinéma ont paradoxalement décidé de faire voyager leurs spectateurs d’entrée de jeu. Vendredi fût non pas seulement une soirée de voyages multiples vers  d’autres métropoles. Un parcours cinéphile qui a débuté, au Forum des Images avec un ciné-mix du prodige de l’électro, Jeff Mills qui nous a fait (re)découvrir l’esthétique du réalisateur oublié André Sauvage par son Etude de Paris, un plaisir à la fois visuel et sonore avant de se poursuivre avec les deux sélections de la Nuit Hong Kong. Une expérience à part…

Les plus chanceux – la salle s’étant remplie très rapidement – ont pu assister à la projection, de La Vie Sans Principe de Johnnie To. Ce dernier est finalement venu seul présenter son film, son acteur principal Lau Ching-Wan étant contraint d’annuler son séjour en France (en prenant toutefois le soin d’envoyer une vidéo dans laquelle on le voit s’excuser pour cette absence).

L’enfant terrible du cinéma hongkongais s’est attaqué cette fois au monde de la finance (se lancerait-il dans le slogan de campagne?). Il signe un film loin d’être exempt de défauts mais suffisamment original pour interpeler le spectateur. La mise en scène est léchée, ambitieuse et la jungle économique qu’il donne à voir, ahurissante. Les trajectoires des personnages principaux se croisent sur fond d’une ville prise de panique devant l’ampleur de la crise et ses conséquences sur la population.

Ont succédé à cette avant-première, les projections d’autres films de Johnnie To : Loving You (1995), mi-polar mi-mélo dans lequel les scènes d’actions succèdent à d’autres bien plus intimistes, Lifeline (1997), un film de catastrophe qui cloue le spectateur à son siège et enfin, The Longest Nite (1997), un portrait des gangs qui donne ses lettres de noblesses au polar hongkongais.

En parallèle, se déroulait la nuit « Catégorie III » : amateurs de bon goût et hématophobiques, passez votre chemin ! La programmation, composée comme une partition de musique (un film gore, un porno, un film gore, un porno) recelait de bijoux du genre : The Untold Story (1992) de Herman Yau, chronique d’un fait divers et délicieuse présentation de l’anthropo-cuisine ou encore Crazy Love (1993) de Roman Cheung qui n’a qu’un seul intérêt : filmer son actrice principale (Loletta Lee, icône hongkongaise) nue. On aurait pu s’attendre à une salle quasi-vide, peuplée d’hommes d’un certain âge vêtus d’imperméables mais la faune semblait être venue par curiosité ou presque par hasard…

Au petit matin, les lumières se rallument, les salles se vident… Mais pas tout à fait : la dixième édition de Paris Cinéma n’a fait que commencer.




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Ariane Kupferman Sutthavong

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