Cinema
Étrange Festival 2022 : Life for sale, film au sujet fort qui se perd

Étrange Festival 2022 : Life for sale, film au sujet fort qui se perd

22 septembre 2022 | PAR Geoffrey Nabavian

En Compétition pour le Grand Prix Nouveau genre, ce film taïwanais met parfaitement en place son sujet et son personnage, avant de trop relâcher son rythme. Il laisse donc insatisfait.

Le personnage central de Life for sale, incarné par Fu Meng-po, n’a pas le moral. Ce film de Tom Teng va le suivre alors qu’il prend une décision saugrenue : courtier en assurances, il décide de mettre en vente sa vie sur Internet. Son but est notamment de voir sa vraie valeur. Il va croiser le chemin de deux personnes curieuses, gravitant dans le milieu criminel. Tout en approfondissant ses rapports avec sa voisine, qui n’est pas dans un meilleur état moral que lui ?

Est-ce parce que le film prend pour fondement un roman de Yukio Mishima qu’il décide, tout à coup en cours de route, « d’avoir l’air intelligent à n’importe quel prix » et qu’il ralentit son rythme pour se faire davantage hiératique ? Ce choix le dessert en tout cas. Au début, il réussit pourtant très bien à imposer son atmosphère de comédie noire, pas forcément frénétique mais réaliste et humaine, donc vraiment intrigante et intéressante. Il s’attache, en scènes plutôt courtes et techniques, au basculement de son protagoniste central dans son idée, et à l’aménagement de son existence dans ce but.

Ensuite survient une phase qui gâche tout : suite aux rencontres avec les acheteurs potentiels, notre héros se met à hésiter sur à qui vouer son existence. Il hésite longtemps. Traîne, et amène tout le rythme à s’affaisser. Dès lors, le bizarre ne paraît plus guère humain, mais juste illustratif ou décoratif. Le film se met à ennuyer. A la fin survient le réveil, et les prises de décision. La direction redevient davantage claire. Mais c’est un peu tard : le rythme de la phase précédente a anesthésié l’esprit et l’attention. Et dans cette trame de fin, le réalisateur ne peut pas s’empêcher, encore une fois et très étrangement, de trop faire durer les choses…

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Visuel : affiche taïwanaise de Life for sale

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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