Cinema

Rock the Casbah de Yariv Horowitz ouvre le 13ème festival du cinéma israélien au Cinéma des Cinéastes (03/04/2013)

Rock the Casbah de Yariv Horowitz ouvre le 13ème festival du cinéma israélien au Cinéma des Cinéastes (03/04/2013)

04 avril 2013 | PAR Yaël Hirsch

C’est en présence de l’ambassadeur d’Israël en France, Yossi Gal, des parrains du festival la cinéastes Zabou Breitman et le directeur du forum pour la paix, Ofer Bronchtein que Charles Zrihen et Anne Baer ont ouvert la 13ème édition du Festival du cinéma israélien de Paris. A cette occasion, le réalisateur Yariv Horowitz était venu lui-même présenter son film sur un groupe de jeunes soldats israéliens en poste à Gaza pendant la première intifada. Un moment d’émotion forte et de réflexion profonde, dans le cocon plein à craquer du cinéma des cinéastes.

Cette année, comme l’a rappelé tout sourire la diplomate, marraine et « it girl » de la soirée, Zabou Breitman, le festival du film israélien de Paris célébrait sa Baar-Mitzvah. Après que l’ambassadeur d’Israël ait ouvert le bal avec sobriété, les deux parrains ont dit chacun un mot et Ofer Bronchtein – qui sera notamment présent lors de la table ronde qui suivra la projection  du documentaire « The gatekeepers », vendredi 5 avril à 19h – a partagé avec force et simplicité ses convictions pacifistes, au Moyen-Orient, mais également partout dans le monde. Après une ovation au fondateur du festival, Charles Zrihen, le réalisateur du film projeté en ouverture, Yariv Horowitz a souhaité dire quelques mots en amont de la séance. Dans ce long-métrage tournée en 22 jours et qui est le premier à revenir aussi directement sur la première intifada, au début des années 1990, il a mis beaucoup de sa propre expérience de jeune soldat, déboussolé et pas toujours convaincu des missions qu’on lui a attribuées à Gaza, comme à Naplouse.

Puis le film a commencé, d’un réalisme tranchant. Sélectionné dans la section « Panoramas » de la dernière Berlinale, « Rock the Casbah » cache révèle derrière son titre sympathique venu des Clashs un quasi-documentaire sur la perte de l’innocence. Pendant la première intifada, Tomer, Aki, Iliya, et Isaac, font leur service militair à Gaza, missionnés pour y « rétablir l’ordre ». Ils sont sensés utiliser des balles à blanc face à une population d’enfants, d’adolescents et de mères de famille leur lançant des pierres. Poursuivant un des assaillants, un des soldats du groupe est tué. Les 4 jeunes gens sont alors postés sur le toît d’une maison palestinienne pour surveiller de l’intérieur l’activité du quartier et retrouver les jeunes assassins de leur camarade. Au son de leur radio débitant le rock de leurs temps, les 4 garçons sont confrontés à l’absurde et à la haine…

Filmé avec un réalisme qui rapproche la fiction du documentaire, « Rock the Casbah » montre de manière poignante comment des personnages à peine sortis de l’enfance se retrouvent face aux décisions absurdes que prennent les hommes en guerre. Pas d’héroïsme donc, dans ce film, qui montre avec subtilité les rapports entre ces jeunes-hommes armés et casqués avec une population civile de palestiniens dont les jets de pîerre sont d’autant plus troublants que, personnellement, la haine semble parfois désarmer. Cependant, le film semble pâtir de ses qualités de vraisemblance : filmant en extérieur quatre personnages qui pourraient presque être interchangeables, montrant l’entourage militaire et familial – psys et copines comprises – de manière caricaturale, Yariv Horowitz ne parvient pas à transmuer le huis-clos en quelque chose d’intime ou de touchant. Dépourvu de cette empathie qui avait emporté un large public dans la fin de l’innocence décrite par « Valse avec Bashir » d’Ari Folman , « Rock the Casbah » est pour un public qui n’a pas connu dans sa chair l’absurde d’un service militaire en territoire de civils, un autre film bien fait sur la guerre, même si cette dernière est larvée. Difficile et probablement important, « Rock the Casbah » est un beau film qui repasse dimanche 7 avril à 20h15 au Cinéma des Cinéastes.

Le festival du film israélien, c’est toute la semaine au Cinéma des Cinéastes, tout le programme ici.

« Rock the Casbah » de Yariv Horowitz, avec Yon Tomarkin, Roy Nik, Henry David, Lavi Zytner, Israël, 1h33, Shellac, sortie française le 8 mai 2013.

Macbeth au Trafalgar Studios à Londres : la production star du moment t !
De l’Allemagne au Louvre : l’art fondateur de l’identité du pays
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *