Cinema

Mort du cinéaste Raoul Ruiz, ce génial conteur aux mille histoires

19 août 2011 | PAR Coline Crance

Raoul Ruiz vient de s’éteindre à 70 ans. Le cinéma de ce grand réalisateur franco-chilien loufoque et atypique restera à jamais gravé dans les mémoires des spectateurs. Œuvre libre et puissante, Raoul Ruiz s’est toujours affirmé comme un grand conteur d’histoires. Son cinéma hors norme n’a jamais eu peur des cathédrales pour mieux toucher du doigt l’éternité. Il adapta en effet Le temps retrouvé, tourna le magnifique Trois vies et une seule mort, puis Généalogies d’un crime et plus récemment Les Mystère de Lisbonne.


Raoul Ruiz durant sa carrière a toujours préféré les chemins de traverses. Il laisse une œuvre multiple, polymorphe et jamais insatiable pour celui qui était un adepte des récits à tiroirs comme le témoigne la fresque monumentale les Mystère de Lisbonne. Les œuvres de Raoul Ruiz sont des labyrinthes qui n’en finissent plus de croiser le fer avec le réel. Chacune de ses descriptions, des images entrent en contradiction avec différents mondes, différents récits qui semblent toujours irréconciliables. Même la mort ne lui fait pas peur, et dans son univers aigre-doux et loufoque , il lui propose une valse, Trois vies et une seule mort, ou Généalogie d’un crime. Il n’est pas alors étonnant qu’il se soit lancé dans l’adaptation de l’inadaptable, l’œuvre colossale de Marcel Proust, Le temps retrouvé.
Il est aussi un cinéaste qui ose même les castings les plus improbables. Didier Boudon tourna avec lui dans L’oeil qui ment dès 1992, et la jeune Léa Seydoux est au générique des Mystères de Lisbonne. Raoul Ruiz est donc avec son temps sans vraiment lui appartenir conférant ainsi cette flamboyance à son œuvre toujours plus surprenante.

Lui qui apprit tout dans les salles de cinéma, cet enfant malade atteint de la tuberculose dans la tendre enfance, n’a jamais eu besoin de se défaire ni de faire attention aux étiquettes qu’on eut parfois tôt fait de lui coller. Exilé en 1973 du Chili lors du coup d’Etat de Pinochet, il s’installe en France. Il y fait alors une rencontre importante en la personne du grand producteur, Paolo Branco qui lui donne sa chance et le propulse dans cet élan artistique qui bien souvent toucha au sublime.

Raoul Ruiz laisse une œuvre lumineuse, belle parce que toujours vacillante dont chacune de ses images étaient empreintes. Un grand monsieur du cinéma s’est éteint encore aujourd’hui …

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Coline Crance

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