Cinema

Mon père va me tuer : Une tragi-comédie cynique et grinçante sur une famille Sicilienne dans les années 70

Mon père va me tuer : Une tragi-comédie cynique et grinçante sur une famille Sicilienne dans les années 70

03 janvier 2013 | PAR La Rédaction

Daniel Cipri est surtout connu pour son duo avec Franco Maresco avec qui il réalisa plusieurs films, notamment le très controversé « Toto qui vécut deux fois ». Chef opérateur, entre autres, de Marco Bellochio pour le magnifique « Vincere », il se lance aujourd’hui dans la réalisation en solo pour son film « Mon père va me tuer ». Adapté du livre de Roberto Alajmo, l’histoire inspirée de faits réels raconte la descente aux enfers d’une famille pauvre suite à leur soudaine richesse due à un fonds d’indemnisation des victimes de la mafia.

On pourrait croire, en voyant les images d’une famille sicilienne entassée dans une voiture pour aller à la plage, que Daniel Cipri a voulu nous rappeler les comédies Italiennes des années 60-70. Mais il n’en est rien. Même si l’on sent les inspirations du réalisateur, celui-ci nous transporte au contraire dans une histoire des plus tragiques. Les personnages sont grotesques et leur désir de richesse et de reconnaissance va les mener à leur ruine. Même si les faits ne se déroulent pas à notre époque, les thèmes abordés sont pourtant très contemporains, et reflètent malgré tout notre société : la lutte quotidienne pour joindre les deux bouts, l’obsession des symboles de richesse ou encore le manque d’avenir.La vision du pater familias en marcel ou de la mère au bord de la crise de nerfs nous rappelle avec humour l’âge d’or des comédies qui ont fait la renommée de cinéastes italiens. Mais Daniel Cipri l’utilise habilement pour dénoncer, par le burlesque et l’absurde, une situation familiale en perdition. Le film repose aussi sur la prestation de ses comédiens : Toni Servillo est impeccable en patriarche prolétaire : il devient, au fur et à mesure du film, aussi inquiétant par sa folie que touchant par son désespoir. Alfredo Castro, narrateur impuissant d’une histoire passée, orchestre le récit de manière à nous attarder sur les détails de celle-ci alors que dès son inquiétant prologue, on en connaît la fin. Fabrizio Falco, qui joue quant à lui le rôle du fils, pourrait être un futur grand nom du cinéma italien : il a d’ailleurs reçu le prix Marcello Mastroianni du meilleur jeune espoir à la Mostra de Venise pour ce rôle.

Malgré des surcharges en détails et en anecdotes qui perdent le fil du récit, Mon père va me tuer apparaît malgré tout comme un film à conseiller, même s’il ne restera pas comme un chef d’œuvre du cinéma italien.

Parfois drôle, assez touchant, il est convaincant et le charme opère pour laisser place à un sublime dernier plan…

Juliette Hebbinckuys

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