Cinema

Love et autres drogues : une comédie aux faux airs de nouveauté

29 décembre 2010 | PAR Sonia Ingrachen

Jamie (Jake Gyllenhaal) est un jeune homme ambitieux à qui tout sourit (surtout les femmes). Vilain petit canard dans une famille où la réussite est essentielle, il se lance dans le monde impitoyable de l’industrie pharmaceutique vendant ses charmes et ses produits. Maggie (Anne Hathaway) semble être son double féminin, accro aux relations sans lendemain, elle vit une vie de bohème au jour le jour.

Love et autres drogues commence dans un rythme effréné et nous fait croire qu’il s’agit d’un nouveau type de comédie romantique. Nous sommes dans les années 90, on y découvre ce jeune arriviste prêt à tout pour réussir. Bad boy sexy, on se plait à le détester et apprécie les stratagèmes de ce tout jeune VRP qui tente de faire sa place dans l’industrie pharmaceutique. Le début est en ce sens assez réussi puisque la description de ce monde est à la fois savoureux et excitant comme peuvent l’être ces films (à la mode) qui décrivent les rouages d’un système (Thank you for smoking, In the air). Sexe et manipulation guident le début du film : Jamie rencontre l’artiste Maggie et tous deux s’envoient en l’air sans rien attendre en retour.

Mais très vite, les quelques bonnes idées (la naissance du viagra, l’industrie Pfizer, les relations sans lendemain) disparaissent pour laisser place à une comédie romantique plan-plan où l’on reprend tous les clichés du genre. La belle artiste (avec tout son attirail stéréotypé) est atteinte de la maladie de Parkinson. La maladie, cet ingrédient mille fois vu (de love story à N’oublie jamais) ne sert en fait qu’à expliquer de manière facile la volonté de Maggie de ne pas s’attacher. S’il est vrai que Love et autres drogues montre des scènes de sexe que les habituelles comédies romantiques évoquent de manière elliptique, il n’en reste pas moins qu’il s’agit surtout de nous faire croire à la nouveauté par le pseudo politiquement incorrect. Même si le schéma est inversé (ils s’envoient en l’air avant de tomber amoureux), on en revient quand même aux bons sentiments de la love story traditionnelle.
Le beau commercial est en fait un bad boy au grand cœur qui s’attache à elle. Maggie a peur de faire fuir les hommes à cause de sa maladie.
Le film s’essoufle et flirte entre le pathos de cet histoire d’amour sous perf et le caractère potache des personnages secondaires ( le frère est un gros lourdingue accros aux pornos).
Finalement, Love et autres drogues ne prend pas de risque et ne nous étonne pas en réemployant des ingrédients convenus et attendus (la scène de la course finale pour retrouver la dulcinée en est un bel exemple). Le film plaira à ceux qui ne s’attendent pas une révolution du genre.

Les acteurs sont beaux, jouent bien et n’ont plus rien à prouver. Mais cela ne nous rend franchement pas accros.

Love et autres drogues en salle le 29 décembre 2010. Une comédie romantique d’Edward Zwick avec Jake Gyllenhaal et Anne Hathaway.


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La Chose, de Laurent Roth, lecture publique de Mireille Perrier et Mathieu Amalric à regarder en ligne
Sonia Ingrachen

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