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Seize printemps de Suzanne Lindon : Une romance décalée mais pas toujours juste

Seize printemps de Suzanne Lindon : Une romance décalée mais pas toujours juste

20 janvier 2021 | PAR quentin didier

La jeune comédienne et réalisatrice dont le nom vous dit sûrement quelque chose, propose une comédie romantique plutôt originale et avec quelques bonnes idées. Cependant elle tombe dans des travers thématiques où l’amour est une nouvelle fois placé sur un ridicule piédestal.

Suzanne est une parisienne de 16 ans dont la vie paraît tout ce qu’il y a de plus tranquille. Rien ne semble brusquer son quotidien entre ses cours au lycée avec ses ami(e)s et sa vie de famille dans un superbe appartement des beaux-quartiers. Mais l’adolescence fait naître des sentiments insoupçonnés, et Suzanne se complaît doucement dans une mélancolie où elle s’imagine en décalage avec les autres. La jeune fille est encore peu confiante, au contraire des copines de son âge qui commencent à devenir femme. Tout bascule lorsqu’elle tombe sous le charme d’un parfait inconnu qu’elle croise tous les jours en partant et en rentrant chez elle. Suzanne découvre ses premiers émois amoureux à la vue de cet homme bien plus âgé, avec qui elle va commencer à entretenir une relation platonique.

Suzanne Lindon témoigne d’une véritable patte dans l’écriture et la mise en scène de cette adolescente légèrement étrange. Le décalage de la jeune femme avec le reste du monde (formule un peu trop philosophique mais à l’adolescence c’est normal) permet de jolis et drôles moments de complicité avec ses parents. Les scènes humoristiques sont ici extrêmement bien réussies et les comédiens offrent de très bonnes prestations.

Dans sa mise en scène et son esthétique Seize Printemps apparaît comme un divertissement agréable et réellement bien mené. Malheureusement le désenchantement arrive assez vite. Suzanne Lindon complaît sa comédie romantique dans une exacerbation d’un amour, platonique certes, mais entre une jeune fille de 16 ans et un homme de 35… Si la pudeur et la subtilité sont de mise (les scène intimes sont présentées par le biais de la danse contemporaine), le sentiment d’un rêve adolescent niais y est aussi. On ne sait donc sur quel pied danser à la vue de ce film qui charme autant qu’il déconcerte. Ce qu’on comprend c’est que le scénario que Suzanne Lindon a écrit lorsqu’elle avait 15 ans, confond parfois légèreté et manque de tact. Seize printemps aurait dû présenter une histoire d’amour qui en reste au stade de fantasme adolescent, et encore. 

Visuel : Affiche du film

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quentin didier

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