Cinema
[L’Étrange Festival] « Stung » : qui s’y frotte s’y pique

[L’Étrange Festival] « Stung » : qui s’y frotte s’y pique

04 septembre 2015 | PAR Willy Orr

Paul et Julia sont engagés pour servir les invités d’une garden-party. Celle-ci dégénère rapidement lorsque des guêpes mutantes particulièrement véloces passent à l’attaque du cocktail dînatoire.

[rating=4]

Pour l’ouverture de la sélection « Nouveaux talents » à L’Étrange Festival, nous avons eu le droit au premier film de Benni Diez, barré et réussi. C’est l’histoire d’une petite bête qui monte qui monte qui monte… Jusqu’à attaquer en essaim les membres d’une réception organisée à la mémoire d’un père de bossu, le pauvre garçon restant seul avec une mère plus affective envers son bichon qu’envers son fils – Dieu sait qu’il faut se méfier des femmes à bichon –.

Une fois la majorité des convives piquée et transformée à son tour en guêpe géante, dans une déclinaison de la contamination généralement plus propre aux films de zombies, la situation va évoluer vers un classique schéma de « survival ». Mais si le récit fonctionne, c’est avant tout parce qu’il est porté par une galerie de personnages à l’extrême limite (ténue comme un dard !) de la caricature, aux schémas suffisamment originaux et porteurs pour faire prendre une mayonnaise qui aurait tout aussi bien pu être indigeste. A noter, dans ce registre, la charmante performance du vétéran Lance Henriksen (Terminator, mais surtout Aliens), absolument parfait dans son rôle de maire alcoolique aux répliques cinglantes.

S’inscrivant dans la veine d’un humour complètement décomplexé, ne se prenant évidemment pas au sérieux, Stung vise juste et laisse augurer du bon pour les futurs projets du réalisateur, qui s’était auparavant fait les crocs en gérant les effets spéciaux du Melancholia de Lars Van Trier (vous savez, les planètes, le tipi, tout ça). S’il exploite bien sûr son savoir-faire technique sur ce film, il a aussi le bon goût de réaliser quelques vieux trucages à l’ancienne, ce qui est de très bon ton et nous laisse souffler entre deux battements d’ailes. Les guêpes, bien que souvent modélisées par ordinateur, sont aussi quelques fois présentes à l’écran en animatronic, nous rappelant avec nostalgie la fin de La Mouche de Cronenberg.

A voir donc, pour se détendre, comme on raconte une bonne blague grasse avec ses copains du camping, juste avant, comme par hasard, de se faire piquer par une sale guêpe près du barbecue et des merguez, ces dernières attirant décidément beaucoup trop ces saloperies. A noter également une fin relativement téléguidée, mais qui ne pousse pas l’offense jusqu’à nous prendre pour des cloches, le doux son de l’une d’entre elles berçant nos oreilles à la toute fin du récit, pour une délicieuse raison que nous tairons ici.

STUNG 2015. Couleur. 90 mn. VOSTF. Réalisation : Benni Diez.Production : XYZ Films, Rat Pack Filmproduktion.Scénario : Adam Aresty.Avec : Clifton Collins Jr, Jessica Cook, Tony de Maeyer, Lance Henriksen.Pays : États-Unis, Allemagne.Genre : Comédie, Horreur. Première française.

Le programme complet de L’Etrange Festival se consulte par ici.

Visuel : (c) DR

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Willy Orr

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