Cinema
[L’Étrange Festival] « Chasuke’s journey » : poésie étrange

[L’Étrange Festival] « Chasuke’s journey » : poésie étrange

12 septembre 2015 | PAR Willy Orr

Chasuke est serveur de thé au paradis. Est-­ce un bon rôle dans les cieux ? D’aucuns diront qu’il n’y a pas de bonnes ou mauvaises situations. Lorsqu’en conseillant un des anges censés écrire l’histoire des hommes, son idée conduit à la mort de Yuki, une jeune femme qu’il affectionne particulièrement, Chasuke décide de descendre sur terre pour la sauver.

[rating=3]

Les habitués du festival se souviennent sans doute du film Miss Zombie, jolie découverte de l’édition 2013. Son réalisateur, Sabu, revient en compétition internationale avec un film à l’univers original et séduisant. Si on peut regretter une mise en scène certes inspirée mais par moments un peu plate, il s’agit de saluer les belles lumières du film, ainsi que les décors et les costumes des personnages, favorisants grandement notre immersion dans le récit.

Autres originalités à noter, les personnages principaux aux attitudes aussi délirantes qu’attachantes, et le concept même de cet au­delà, où des scénaristes écrivent des vies plus que rocambolesques pour les hommes ; ces derniers étant même perdus ou chamboulés par ces choix d’écriture confus.

Chasuke’s Journey est certes un bon film, mais est en quelque sorte victime de sa volonté de varier de registre trop souvent. Basculant de la tragédie à la comédie, de l’onirisme au film d’action, le film est coupable de quelques digressions narratives inutiles.

On aurait par exemple aimé éviter le jeu autour des Yakuzas et de Chasuke, le réalisateur lui inventant une vie antérieure de guerrier tatoué, sans que cela ait un quelconque intérêt pour le personnage ou le récit en général. De même, la fin du film élabore un schéma tragique absolument bouleversant, mais décide au dernier moment de bifurquer vers un happy end plus classique, à notre plus grand regret.

Un film charmant mais confus donc, à la patte esthétique séduisante, mais à la conclusion un peu niaise, à la limite de la leçon de morale. Peut-être le réalisateur aurait­il dû se prendre plus au sérieux, pour s’éviter quelques facilités dispensables.

TEN NO CHASUKE 2015. Couleur. 106 mn. VOSTA. Réalisation : Hiroyuki Tanaka (Sabu).Production : Masayuki Mori.Scénario : Hiroyuki Tanaka (Sabu).Avec : Kenichi Matsuyama, Ito Ono, Ren Osugi.Pays : Japon.Genre : Comédie.
Première française. Compétition internationale.

Le programme complet de L’Etrange Festival se consulte par ici.

Visuel : (c) DR

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