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Les enfants de la nuit, un court métrage de Caroline Deruas sur un amour de guerre

Les enfants de la nuit, un court métrage de Caroline Deruas sur un amour de guerre

26 octobre 2012 | PAR Yaël Hirsch

La réalisatrice du court-métrage à la fois anti-Sarkozy et poétique, « Le feu, le sang, les étoiles », pointe sa caméra à la sensible à la cause des femmes sur une histoire d’amour entre une française et un soldat allemand en 1944. Un film en noir et blanc très touchant, porté par la toujours formidable Adèle Haenel et le jeune premier allemand : Felix M. Ott. En salles le 31 octobre 2012.

Alors que son père n’est plus, que sa mère a pris le maquis et qu’elle doit s’occuper de son grand-père, la jeune  Henriette (Adèle Haenel) s’éprend d’un soldat allemand, aussi francophile que convaincu par le Troisième Reich (le sublime Felix M. Ott, emprunté par Caroline Deruas à Yves-Noël Genod). Dans une campagne française idyllique et qui aurait pu illustrer une affiche pétainiste, les deux amoureux gardent leur liaison secrète.  Mais le meilleur ami d’Henriette les suprrend et prévient la mère de celle-ci. La mère est prise et tuée avant la libération, où des FFI de la dernière heure viennent enlever Henriette pour la tondre en public.

Chronique d’une tonte annoncée, « Les enfants de la nuit » est rétro, littéraire, et souvent maladroit, surtout dans sa chute. Mais la fragilité même du film le rend touchant :  La préciosité de la voix-off à la Truffaut, la porte ouverte des pastiches d’images d’archives, ou encore la citation du dos d’Emmanuelle Riva dans  Hiroshima  mon amour » »sont autant de pavés dans une mare très troublante. Bien qu’elle n’interroge pas vraiment sa honte, c’est par la figure de la femme que Caroline Deruas sort des sentiers battus de l’Histoire. Une mère rejoignant la Résistance quand le grand-père reste au foyer, les petites filles au premier plan des spectateurs de la scène d’humiliation et cette phrase prononcée par Henriette « Je ne suis pas là pour être belle », sont autant de cailloux qui mènent délicatement vers une lecture intuitive, esquissée mais radicalement originale de la Guerre. Par ailleurs certains plans sont esthétiquement enthousiasmants et la petite musique de Athony Gonzales fonctionne comme un charme puissant.

Les enfants de la nuit, de Caroline Deruas, avec Adèle Haenel, Felix M. Ott, Arthur Igual, Yves Donval, France 2011, 26 min, Sortie le 31 octobre 2012.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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