Cinema
Le studio Ghibli annonce une « petite » pause dans la réalisation de longs métrages

Le studio Ghibli annonce une « petite » pause dans la réalisation de longs métrages

18 août 2014 | PAR Sandra Bernard

Suite au départ annoncé de Hayao Miyazaki (né en 1941) et d’Isao Takahata (né en 1935) le studio d’animation Ghibli s’accorde une pause dans la réalisation de films, en vue de se restructurer et de désigner le ou les successeurs des deux maîtres. Cette décision a été annoncée le dimanche 3 août au soir, dans l’émission « Jônetsu Tairiku » (« Le Continent de la passion ») de la chaîne MBS par Toshio Suzuki, directeur général et membre fondateur du studio d’animation japonais.

 

Cette annonce a fait l’effet d’un choc, et beaucoup y ont vu la fin du studio. Les deux réalisateurs phares ont chacun offert cette année leur dernière fresque onirique et humaniste, tel un message d’adieu.

Les deux hommes, aux styles pourtant très différents, ont réussi à insuffler à leurs œuvres une portée universaliste empreinte de paix et d’écologie, teintée d’onirisme dans le cas de Miyazaki ou de réalisme sentimentaliste chez Takahata.

Fondé en 1985, suite au succès retentissant de Nausicaa et la vallée du vent, le studio Ghibli n’a cessé de livrer de petites perles et chefs-d’oeuvre depuis près de 20 ans, à l’image du Château dans le ciel (Miyazaki 1986), Mon voisin Totoro (Miyazaki 1988), Le Tombeau des lucioles (Takahata 1988), Porco Rosso (Miyazaki 1992), Pompoko (Miyazaki 1994), Princesse Mononoke (Miyazaki 1997), Mes Voisins les Yamada (Takahata 1999), Le Voyage de Chihiro (Miyazaki 2001), Le Royaume des chats (Morita 2002), Le Château ambulant (Miyazaki 2004), Les Contes de Terremer (Gorô Miyazaki 2006), Arritetty (Yonebayashi 2010), Le Vent se lève (Miyazaki 2013) et dernièrement Le Conte de la princesse Kaguya (Takahata 2013). Si la majorité des films a été réalisée par Hayao Miyazaki, plusieurs des derniers longs métrages sont dus à de jeunes réalisateurs issus des studios, ce qui laisse espérer une reprise rapide des activités de l’entreprise.

Cependant, le départ des deux membres fondateurs n’est pas la seule difficulté à laquelle le studio doit faire face. En effet, chaque film est entièrement réalisé à la main, ce qui nécessite un personnel nombreux et un certain temps de travail qui augmentent les coûts de production. Le studio emploie ainsi près de 300 personnes, et seul le succès incontestable de ses film garantit la rentabilité de Ghibli qui ne s’est jamais investi dans la réalisation de séries (à l’exception récente de Ronya, fille de brigand en 2014). Ainsi, selon le Asashi shimbun (l’un des plus grands quotidiens japonais), l’exploitation en salle du film Le vent se lève (2013) aurait rapporté 118 millions de dollars au Japon et aux Etats-Unis, ce qui est insuffisant pour le rentabiliser.

Les autres sources de revenus du studio sont l’exploitation des nombreux produits dérivés de leurs productions ainsi que les bénéfices du musée Ghibli. Un musée dont le succès est tel, qu’il faut souvent réserver sa visite plusieurs mois à l’avance, mais qui ne peut accueillir que de petits groupes. Le studio s’est également diversifié il y a peu avec sa participation, en 2010, à l’animation et character design du jeu vidéo Ni no Kuni.

Quelques semaines avant la déclaration fracassante était sorti Quand Marnie était là (Yonebayashi 2014), dernier né du studio Ghibli. De sa réussite dépend partiellement la survie du studio emblématique.

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Sandra Bernard
A étudié à l'Université Paris Ouest Nanterre la Défense l'Histoire et l'Histoire de l'Art. Après deux licences dans ces deux disciplines et un master recherche d'histoire médiévale spécialité histoire de l'Art dont le sujet s'intitulait "La représentation du costume dans la peinture française ayant pour sujet le haut Moyen Âge" Sandra a intégré un master professionnel d'histoire de l'Art : Médiation culturelle, Patrimoine et Numérique et terminé un mémoire sur "Les politiques culturelles communales actuelles en Île-de-France pour la mise en valeur du patrimoine bâti historique : le cas des communes de Sucy-en-Brie et de Saint-Denis". Ses centres d'intérêts sont multiples : culture asiatique (sous presque toutes ses formes), Histoire, Histoire de l'Art, l'art en général, les nouveaux médias, l'art des jardins et aussi la mode et la beauté. Contact : sandra[at]toutelaculture.com

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