Cinema

La Fée, un petit bijou de la Quinzaine des réalisateurs

29 mai 2011 | PAR Coline Crance

Après Rumba et Iceberg, le trio revient avec une comédie burlesque, La Fée, drôle, sensible et atypique. Une jolie découverte au Forum des Images dans le cadre de la reprise de la Quinzaine des réalisateurs 2011.

Dom est veilleur de nuit dans un hôtel du Havre. Un soir, une femme arrive sans valise et pieds nus. Elle se nomme Fiona. Elle dit à Dom qu’elle est une fée et lui accorde trois voeux. Le lendemain deux voeux sont réalisés , mais Fiona a disparu. Dom est tombé amoureux d’elle et veut la retrouver…

Dominique Abel et Fiona Gordon donnent dans ce film un numéro burlesque d’une beauté rare et sensible. Du cirque aux larmes , du rire au drame, ils content une très belle histoire d’amour. Leurs corps et leurs numéros clownesques offrent au film une force de vie et de liberté communicatrice. Insolent, déroutant, le spectateur est emporté dans un délire haletant mais profondément vivant et humain. La réalité se déroge et s’effondre pour mettre en image  l’imperceptibilité de nos envies et de nos sentiments. Les obstacles de la raison n’ont pas leur place dans ce film, la fantaisie l’emporte sur le réel. La fée est une ode à la vie dans ce qu’elle a de plus simple et de plus sincère.

La Fée de Dominique Abel, Fiona Gordon, Bruno Romy durée : 1h34

A voir dans le cadre du Forum des Images : reprise de la Quinzaine des réalisateurs

Infos pratiques

La déclaration d’amour au Jazz de Jacques Gamblin et Laurent De Wilde
Jazz sous Les Pommiers-Day 1
Coline Crance

4 thoughts on “La Fée, un petit bijou de la Quinzaine des réalisateurs”

Commentaire(s)

  • Barbarin

    Il y a tout au long du film, un tribut au cinéma muet. Plus précisément le burlesque. Une scène est une magnifique souvenance de l’univers de Chaplin. Mais on pourrait aussi parler de Buster Keaton. Et si d’aucuns ont pu parler d’absence de fil conducteur je dirais que c’est ce déambulatoire qui fait le sel ce film. Les effets spéciaux –il y en a deux – se donnent à lire comme tels, et donc rajoute au burlesque qui court tout au long de l’œuvre.
    Le film se constitue librement autour de cette idée simple : que se passerait-il si une fée, de notre époque, bien sûr sans baguette magique, un peu inachevée, à l’instar des autres personnages, apparaissait pour réaliser des vœux ? Il est libre mais efficace, à l’instar de la sûreté du cadre et de la prégnance du décor, qui est de fait un personnage (un grand salut à la directrice de la photo, Claire Childéric).
    Il parler de Tati, de situations surréalistes (la Belgique est le pays de Magritte, de Delvaux). Et si le bar s’appelle « L’Amour Flou », certes en raison de la forte myopie de son tenancier, on ne peut que penser au titre du récit du pape du surréalisme, André Breton, « L’amour fou ».
    Le premier plan est vraiment une ouverture, comme on parle d’une ouverture d’opéra : long travelling le long d’un quai, il pleut à verses, le gardien pédale à toute force pour rejoindre son travail, il déraille, répare, continue, re-déraille, repart avec son vélo sur le dos. Tout est dit : l’espace, le temps, le ton.
    « La fée » est film héritier d’un Max Sennett mâtiné de l’irrationnel que Guillaume Apollinaire appelait le « surnaturalisme ». C’est un petit bijou, une ample respiration hors de tout psychologisme, une allégresse.

    septembre 7, 2011 at 15 h 03 min
  • Amelie Blaustein Niddam

    Magnifique moment que cette grande heure passée avec cette Fée, merci Coline pour ce conseil suivi et adoré !

    septembre 20, 2011 at 9 h 29 min

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *