Musique
La déclaration d’amour au Jazz de Jacques Gamblin et Laurent De Wilde

La déclaration d’amour au Jazz de Jacques Gamblin et Laurent De Wilde

29 mai 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

A l’occasion des trente ans de Jazz sous les pommiers, le directeur, Denis Le Bas a proposé au comédien Jacques Gamblin et au jazzman Laurent de Wilde de penser un spectacle autour du jazz . le  » Gamblin Jazze, de Wilde Sextet » offre un concert-théâtral en demi-teinte.

Le Gamblin Jazze, de Wilde Sextet »  commence sur les chapeaux de  roue sous la forme d’un one-man show jubilatoire.  Nous attendons le génial pianiste Laurent De Wilde et c’est le comédien Jacques Gamblin qui nous accueille au piano ! Il enchaîne des anecdotes, les unes plus drôles que les autres, sur des professeurs de musique improbables, Madame Amant qui est vieille fille, le professeur de zarb définitivement bizarre, l’enseignante de guitare, madame Nivard, rebaptisée Nibard , obsédée par la pause. Un jour Gamblin trouve son instrument : ce sera sa voix. Il nous raconte comment il tombe raide dingue amoureux d’une Lady Jazz qu’il faudra séduire au long court.

Arrivent alors les musiciens dans une présentation sensible de chacun de leur instrument. On en frissonne. Jérôme Regard à la contrebasse, Donald Kontamanou à la batterie, Alex Tassel à la trompette, Guillaume Naturel au Saxophone et, heureuse idée, Dj Alea aux platines et au mixage.

Du point de vue musical, ce spectacle est une merveille, l’alliance d’un mix de DJ avec les instruments classiques du jazz opère de façon étonnante.  Jacques Gamblin cesse de jouer la comédie pour entrer dans la lecture de textes sur le Jazz écrits  par les bénévoles de Jazz sous les Pommiers, par Laurent de Wilde et par lui-même. Le rythme du spectacle retombe .

Pourtant Jacques Gamblin avait prévenu lors d’une interview donnée à Toute La Culture au mois de février : « C’est une lecture-concert-spectacle, c’est assez large. Il va s’agir d’une lecture car je n’aurai pas le temps d’apprendre tous les textes par cœur et ce n’était pas le but. »

Une lecture empêche-t-elle le comédien de se placer, de regarder le public, plus simplement, une lecture détourne-t-elle le jeu? Le festival d’Avignon prouve pourtant l’inverse chaque année. On pense à Jeanne Moreau , Denis Lavant, Nicolas Maury ou Olivier Py, qui tous se sont prêtés à cet acte théâtral fort ardu. Jamais la présence de la feuille n’a empêché l’émotion et le lien avec le public. L’échec ici a de quoi sérieusement énerver. iPad bling bling provoquant une lumière inutile. L’objet impose  au comédien une posture du corps par sa simple présence. Des textes raccourcis , appris ou encore imprimés, transformeront ces débuts difficiles en une déclaration d’amour au Jazz.

 

 

30 ans de Jazz sous les Pommiers
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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

4 thoughts on “La déclaration d’amour au Jazz de Jacques Gamblin et Laurent De Wilde”

Commentaire(s)

  • coline

    Je ne partage pas du tout votre enthousiasme pour l’entrée machiste de Gamblin avec évocations de vieilles filles profs de musique.
    Par contre, tout à fait d’accord avec la suite de votre critique sauf avec votre constat d’échec sur l’usage de l’IPad. Une fois chaque musicien entré, on est embarqué dans une aventure fantastique, plaisir immense jusqu’à la fin. Tout le monde sur le plateau, Gamblin y compris, est enthousiasmant !

    juin 5, 2011 at 14 h 10 min

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