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« La Délicatesse » des frères Foenkinos, un film sympathique mais sans surprise

« La Délicatesse » des frères Foenkinos, un film sympathique mais sans surprise

19 décembre 2011 | PAR Liane Masson

Le romancier David Foenkinos, auteur de La Délicatesse (roman paru en 2009 chez Gallimard et vendu à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires) adapte aujourd’hui son récit à l’écran avec l’aide de son frère, Stéphane Foenkinos. Un film sentimental qui aborde avec légèreté des sujets profonds telle que la perte d’un proche, les relations amoureuses et les préjugés.


 

Un roman à succès, une actrice française populaire (Audrey Tautou) et un jeune talent comique de nationalité belge ayant récemment fait le buzz sur Internet (François Damiens) : voici les trois composants principaux du film La Délicatesse. Mais que se cache-t-il vraiment derrière cette recette à faire des entrées ? Nous avions un peu peur du résultat…

L’histoire est celle de Nathalie, jolie brune discrète qui file le parfait amour avec François, l’homme le plus attentionné qui soit. Ils mènent ensemble une vie simple et épanouie, toute remplie d’affection et de tendresse. Déclaration, mariage, projets d’avenir… ils vivent une relation idéale. Mais la mort accidentelle de François bouleverse brutalement la vie de Nathalie. Suite à cet évènement, la jeune femme se réfugie dans le travail et s’emmure dans la solitude d’un malheur qu’elle a choisi de ne partager avec personne. Si elle parvient à faire bonne figure en société et se plonge avec frénésie dans le travail pour oublier, elle vit dans une sorte de dimension parallèle qui la fait se tenir toujours en dehors d’elle-même, et en dehors du monde.

La première partie du film montre le gouffre profond qui s’ouvre à l’intérieur de celle qui a définitivement perdu l’être aimé : la tristesse envahissante, la douleur indicible, le temps qui se fige, mais finit tant bien que mal par passer… La deuxième partie met en avant une possibilité de reconstruction. Markus, qui travaille sous la direction de Nathalie, est celui par qui cette reconstruction va advenir. Markus n’est pas très beau, ni très sûr de lui. Il est ce type gentil, à l’air un peu pataud, insignifiant aux yeux de tous. C’est pourtant lui que Nathalie a embrassé dans un moment d’égarement. De cette rencontre improbable naît un humour décalé et un comique de situation qui semblent avoir été largement recherchés par les frères Foenkinos, citant Jacques Tati et Blake Edwards comme inspirateurs. Ils ne sont malheureusement pas à la hauteur de leurs maîtres.

Le film est sympathique, à défaut d’être subtil. La mise en scène est élégante mais peu surprenante et s’affadit dans l’esthétisme tandis que les dialogues manquent de relief. La B.O d’Émilie Simon rythme joliment le film mais reste trop souvent illustrative voire emphatique. Malgré cela, certaines scènes nous émeuvent et d’autres nous font sourire. Nous pouvons donc dire que la recette fonctionne (bien qu’elle ne soit pas des plus savoureuses). Si le film est sans prétention, il parvient tout de même à évoquer la force de l’amour et à questionner les préjugés courants dans une société obsédée par l’apparence et la normalisation des individus. Il séduira certainement ceux qui aiment le cinéma pour le plaisir simple qu’il peut offrir en mettant en scène de belles histoires.

 

 

 

La Délicatesse, de David et Stéphane Foenkinos, avec Audrey Tautou, François Damiens, Bruno Todeschini et Pio Marmaï, Distribution : StudioCanal, 1h48. Sortie le 21 décembre 2011.

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Liane Masson

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