Cinema

La célébration du 70ème anniversaire de Cannes

La célébration du 70ème anniversaire de Cannes

24 mai 2017 | PAR Geoffrey Nabavian

Des mots, et des images d’archives pour saluer le Festival. Avec le magnifique décor des remises de Prix… Dans un Grand Amphithéâtre Lumière rempli, le 70ème anniversaire du Festival a été célébré.

On ne sait pas si des spectateurs non célèbres avaient leur place au parterre du Grand Théâtre Lumière, ce soir… L’impressionnant défilé d’acteurs, d’actrices et de réalisateurs qui se rassemblèrent dans la grande salle du Palais fit rêver. Les célébrités vinrent tout d’abord parader sur le tapis, pour certaines en groupes de lauréats de Prix d’interprétation, d’anciens Présidents du jury, et d’artistes palmés. Être assis à l’intérieur du Grand Théâtre Lumière permettait d’entendre les petites exclamations des spectateurs lors des apparitions de Will Smith, d’Emmanuelle Béart ou encore d’autres à l’écran. Nous y sommes : à 19h30, enfin, entrée puis ovation sonnent fort.

Puis Thierry Frémaux salue, pour commencer, ses prédécesseurs dans l’équipe du Festival, et précise que lorsqu’il était jeune festivalier, il était placé tout en haut de la salle. Et que peut-être, un jour, un spectateur de ce soir sera délégué général… L’animation, pour l’instant, sera assurée par lui, plus Isabelle Huppert, qui arrive en chantant. Et évoque une première figure : Orson Welles. Puis Jean Cocteau réalisateur. Qui fut nommé Président d’honneur à vie du Festival… Puis Mikhaïl Kalatozov. On comprend, à travers son discours, que des figures marquantes vont se trouver saluées. Ah, elle invite Gene Hackman dans son texte ! Sans doute « son acteur préféré »… Thierry Frémaux lance ensuite la première vidéo de souvenirs : les présences féminines au Festival de Cannes. Où l’on peut voir Brigitte Bardot manquer se faire écraser par la cohue du public à son arrivée, ou le fameux souvenir du « Tourbillon », chanté par Jeanne Moreau et Vanessa Paradis. Et puis, discours de Pierre Lescure, salut à Françoise Nyssen, suivent…

On a aussi droit à des images des Palmes d’or. Et on se fait à ces moments-là un petit festival mental perso : on sursaute à l’apparition de Kagemusha, de Paris, Texas, et d’Underground. On songe à leurs dernières scènes… Et on se rend compte, devant ces extraits, que ce sont surtout les bandes originales qui furent marquantes, et permettent aujourd’hui d’identifier tout de suite les films… A propos de musique, l’image de Babx, tout seul au piano sur le plateau de la grande scène, se révèle très émouvante. Puis Camélia Jordana le rejoint…

Images de remises, de scandales – assez célèbres, on eût aimé davantage d’inédit – mots de Guillermo del Toro, de Vincent Lindon, avec une musique dispensable… Des couacs changés en or aussi, tel ce discours de Paolo Sorrentino en anglais, sans surtitres : une situation digne de l’un de ses films… Bon, ça manquait tout de même un peu d’inédit et de vraies performances artistiques. Sans compter qu’on aurait pu s’attendre à au moins un hommage à un aspect ou à une section précise du Festival, qui aurait été très bienvenu. Mais on préfère écrire que crier. Et garder en tête quelques jolis éléments qu’on a pu glaner ce soir-là.

Visuel : © GN

« Vers la lumière », sans grande originalité [Cannes 2017, Compétition]
« Estuaires » de Daniel Mesguich
Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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