Cinema
L’Oncle Charles de Chatiliez : un mauvais goût de réchauffé

L’Oncle Charles de Chatiliez : un mauvais goût de réchauffé

16 mars 2012 | PAR Elodie Rustant

Dans la série on prend (pas) les mêmes mais on recommence, le dernier film d’Etienne Chatiliez bat des records. Une comédie balourde.

Synopsis : Un richissime ex-magnat du rugby (Eddy Mitchell) vivant reclus dans sa luxueuse propriété de Nouvelle-Zélande, apprend qu’il est atteint d’une maladie incurable. Sans héritier, il décide alors de retrouver coûte que coûte la trace de sa sœur, perdue de vue depuis cinquante ans. Il publie une annonce promettant une récompense substantielle à qui lui retrouvera sa famille. Malheureusement pour lui, c’est Corinne, clerc de notaire désargentée d’un village de la région nantaise, qui va prendre l’affaire en main. La famille a disparu ? Aucun problème ! Elle va lui en composer une sur mesure avec les membres de son entourage, un copieux ramassis de ploucs.

Cette histoire vous semble familière ? A nous aussi ! On a même la désagréable impression d’assister à un remake du Bonheur est dans le pré coupé à La vie est un long fleuve tranquille. Laborieusement, Chatiliez pose les jalons d’une comédie réchauffée aux ficelles terriblement usées. On assiste à une suite de gags ternes avec, comme leitmotiv, les thèmes du complot familial et des clivages sociaux, déjà largement exploités dans la filmographie du cinéaste. Hélas, on ne retrouve ni les répliques mordantes des Groseilles/Le Quesnoy, ni les situations cocasses du Bonheur est dans le pré, et encore moins le talent du trio grinçant Dussolier/Azéma/Berger (Tanguy).

La caricature n’est ni suffisamment poussée pour être franchement comique, ni assez fine pour être juste mordante.

Côté acteur, c’est le désastre. La diction de Valérie Bonneton est insupportable, tandis qu’Eddy Mitchell s’illustre dans un genre pleurnichard ne lui seyant pas du tout. Le potentiel comique d’Alexandra Lamy, plus à l’aise dans Un gars, une fille, n’est pas mis en valeur dans ce rôle en demi teinte finalement peu avantageux.

Dès les cinq premières minutes, on sent arriver l’intrigue gros comme une maison pour finalement s’ennuyer ferme jusqu’au dénouement, archi bâclé.

En salles le 21 mars 2012.
L’Oncle Charles d’Etienne Chatiliez avec Eddy Mitchell, Alexandra Lamy, Valérie Bonneton, Arnaud Ducret , France, 2012, 1 h 38 min

Photos : © Patrick Swirc

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Elodie Rustant

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