Cinema
Johnny 316, la salomé psyché de Erick Ifergan disponible en dvd 15 ans après…

Johnny 316, la salomé psyché de Erick Ifergan disponible en dvd 15 ans après…

16 décembre 2012 | PAR Yaël Hirsch

Johnny 316, alias « Hollywood salomé » fait partie de ces films maudits que le réalisateur Erick Ifergan a mis près de 15 ans à sortir. Transposition de la « salomé » d’Oscar Wilde dans le Hollywood de la fin du 20ème siècle, le film assume son propos mystico-kitsch et repose sur deux stars indés : le comédien Vincent Gallo et l’ancien Top Model Israélien Nina Brosch. Un film qui flirte avec le ridicule tellement il tutoie la grandiloquence. Mais une œuvre qui pourrait bien se retrouver culte…  A voir le cœur bien accroché.

Hollywood, toute fin du 20ème siècle, un prêcheur tout de blanc vêtu, « Johnny » (version moderne de Jean-Baptiste) arpente le walk of fame en vantant la présence de Dieu. « Sal' » (Salomé, donc) une post-ado paumée aux yeux de chat, et malingrement provocante dans ses minishort et top débraillé rouge tombe sous le charme du prêcheur. Elle parvient à entrer chez lui et lui déclamer combien elle veux toucher sa peau blanche, ses cheveux noir et embrasser sa bouche rouge, mais lui la repousse, puisque son amour est réservé à Dieu. L’amour de sal’ se transforme en haine et elle demande à un gangster qui la convoite d’occire Johnny…

Alors que la pièce de Wilde, écrite en français, était déjà à l’origine un pastiche de la vogue que connaissait le mythe de salomé chez les symbolistes et décadentistes de la fin du 19ème siècle, même sans danse des sept voiles et sans plateau, cette transposition californienne du mythe biblique ne manque pas d’hyperbole visuelle. Images étirées, photo surexposée, sur-jeu absolu de Gallo, quelques notes de suites pour violoncelle en appoint, commentaires de la femme de ménage transexuelle, tout est dans une exagération qui voudrait faire le lien entre trip mystique et dénonciation de certains effets du rêve américain. « Johnny 316″ est une expérience filmique objectivement ratée mais qui à l’image d’un film hyperbole comme » The Fountain » de Darren Aronofsky, pourrait bien se voir transmué en film culte. Surtout si les prochaines propositions  de Erick Ifergan sont réussies.

« Johnny 316 » (Hollywood Salome), de Erick Ifergan, avec Nina Brosch, Vincent Gallo, USA,2012 (première mouture 1998), 87 min. Dvd kmbofilms, 19..99 euros. Sortie le 4 décembre 2012.

BONUS :
Interview du réalisateur Erick Ifergan
Le court-métrage « DIVINE PRESENCE » de Erick Ifergan
Galerie photos du film
Galerie photos du tournage
Extrait de l’exposition photographique « American Nights » de Erick Ifergan

Loin du monde, un premier roman incisif de Sébastien Ayreault
Live Report’: Orchestre de Paris entre déception et sublimation
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *