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[Critique DVD] « The Riot Club », une immersion en demi-teinte au cœur d’une fraternité dorée d’Oxford

[Critique DVD] « The Riot Club », une immersion en demi-teinte au cœur d’une fraternité dorée d’Oxford

04 mai 2015 | PAR Hugo Saadi

Lone Scherfig, la réalisatrice danoise d’Une éducation et d’Un Jour aime toujours autant creuser des filons dramatiques et romantiques chez nos amis anglais. Elle revient avec The Riot Club, en mélangeant honneur, testostérone et argent pour livrer un film entre deux chaises : divertissant et moralisateur.

 [rating=3]

Avec une première scène d’époque mal gérée, mais nécessaire pour poser les bases de la création du « Riot Club », Lone Scherfig nous plonge par la suite dans l’université d’Oxford auprès des étudiants de première année. L’élite de la nation est membre du Riot Club, un cercle très secret où les excès et la débauche en sont les maîtres mots. En ce début d’année scolaire, les piliers du groupe sont à la recherche de chair fraîche pour rejoindre les rangs.

 La première partie du film se consacre à cette mise à l’épreuve permanente. La jeunesse dorée met en place des scènes de bizutage et des tests se résumant le plus souvent à des jeux à boire pour déceler chez ces deux nouvelles recrues la fibre du Riot Club.

 La réalisatrice pénètre donc dans la fraternité et explore les moindres vices de ces jeunes hommes, souvent sans scrupule sous couvert de leur patronyme et de leur portefeuille bien rempli. Quelques pistes de réflexion se dessinent à travers les nouveaux membres, Miles Richards (Max Irons) le plus rationnel et le moins bourgeois dans l’âme versus Alistair Ryle, frère d’un ancien membre légendaire, prêt à tout pour imposer son nom dans l’élite. C’est ce duel que Lone Scherfig décide de mettre en avant afin de questionner la société, la domination de la classe supérieure sur les autres et de montrer que ces hommes impertinents et sans honneur domineront le pays dans quelques années.

 Ce fil rouge atteindra son paroxysme lors d’un long diner (un tiers du métrage) qui tournera cependant rapidement en rond. Tombant dans la surenchère et dans l’extrémisme (une humiliation qui devient grotesque), le propos que l’on avait compris assez vite, contraste trop brutalement avec le pur divertissement que la cinéaste offrait aux spectateurs (une bande son électro pop). Avec quelques retournements de situations, The Riot Club se conclu sans décevoir, mais l’on regrettera tout de même la mise en scène trop académique de la danoise. Du côté du casting pratiquement 100% masculin / mannequin, aucune tête ne sort du lot, mais la prestation n’en est pas pour autant ratée, loin de là.

The Riot Club, un film de Lone Scherfig, en DVD le 5 mai 2015.

Visuels © Nicolas Dove

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Hugo Saadi

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