Cinema

Jafar Panahi, un cinéaste emprisonné mentalement

05 septembre 2010 | PAR Coline Crance

Jafar Panahi est un réalisateur iranien parmi les plus influents du mouvements de la nouvelle vague iranienne

Il étudie le cinéma à Téhéran. Il est assistant réalisateu sur le tournage d’ Au travers des oliviers d’ Abas Kiarostami. Son premier long-métrage le Ballon blanc reçoit la caméra d’or au festival de Cannes 1995. Puis il tourne trois films qui sont successivement récompensés par les festivals internationaux mais interdits par la République islamique d’Iran :  Le cercle qui reçoit le Lion d’or à la mostra de Venise,  Sang et Or prix du jury à un certain regard puis Hors-jeu Ours d’argent au festival de Berlin. Il dénonce par la biais de ces films , la place réservée aux femmes en Iran, les conditions de vie, les « efforts de guerres » etc …

Interdit par le gouvernement , ils ne circulent que sous la forme de DVD ou de VHS. Ils ont néanmoins influencé beaucoup de jeunes cinéastes iraniens. Jafar Panahi participe en 2009 aux manifestations contre la réelection d’Ahmadinejad. Au festival de Montréal , il arbore une écharpe verte symbol de l’opposition. Les décisions de justice prises à son encontre vont alors très vite.

En février 2010 alors qu’il est invité d’honneur à la Berlinale , le gouvernement lui interdit de sortir du territoire iranien , motif  » il porte  atteinte à la surêté de l’Etat » . Jafar Panahi tournait  à cette époque là un nouveau film qui relatait les manifestations contre la très controversée réelection d’Ahmadinejad. Les attaques se poursuivent. Il est une nouvelle fois interdit de festival de Cannes alors qu’il était invité à prendre part au Jury officiel. Puis il est emprisonné avec sa femme et ses enfants. A la suite d’une grève de la fin, il est relâché le 25 mai sous caution.

Toutefois , l’affaire ne s’arrête pas là. Aujourd’hui , alors qu’il était attendu à la 67e mostra de Venise pour présenter son prochain long – métrage, il n’est, une nouvelle fois, pas autorisé à quitter le territoire ;  les autorités ne lui ayant pas rendu son passeport. De plus le gouvernement iranien depuis sa libération,  lui a interdit de tourner pendant au moins 5 ans de nouveaux films.

Jafar Panahi se dit  » emprisonné mentalement ». Il souhaite et espère toujours pouvoir  » réaliser et travailler dans son pays » et dénonce le manque de liberté d’expression qui sévit en Iran.

Strictement amical, un délicieux marivaudage au Théâtre de Poche
Un live disponible sur Internet pour Radiohead
Coline Crance

5 thoughts on “Jafar Panahi, un cinéaste emprisonné mentalement”

Commentaire(s)

    Publier un commentaire

    Votre adresse email ne sera pas publiée.

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *